Fin de l'émission politique de Franz-Olivier Giesbert, chez FOG, sur France 5 jeudi dernier, et Jean-Marie Le Pen a droit à un coup de coeur... Il choisit... l'anthologie poétique d'Aimé Césaire! Et part dans un panégyrique du poète de la négritude, soutien aujourd'hui de Ségolène Royal. Ainsi parle Le Pen: "Césaire est un grand poête dont je m’étonne qu’il ne soit pas à l’académie française, je vous le dis très franchement. Mais c’est vrai qu’on sait tellement peu de choses de nos territoires et départements d’outre-mer, que par exemple, très peu de gens savent que la Martinique appartient encore, foncièrement, en parlant du foncier, pratiquement totalement aux Békés. Personne ne sait cela. En 200 ans, depuis la révolution, cela n’a subi aucun changement. Or, je pense qu’un homme comme Césaire a sa place à l’académie française, il a 93 ans, je pense qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, et qu’on devrait le faire". Et ayant dit, Le Pen se met à déclamer du Césaire...
On reste sur l'étonnement, ou le culot, ou le vertige, au l'épatement devant le diable blanc confiant son admiration pour le bon dieu noir, et fustigeant au passage l'injustice historique du découpage de la Martinique -où l'abolition de l'escalavage a signifié, de fait, l'offre en pleine propriété de l'île aux ci-devants esclavagistes... Ainsi, l'amour des mots serait-il transcendant?
On peut dire, aussi, que Le Pen est expert dans l'art d'attiser les conflits ethniques, même à front renversé. On peut fantasmer sur les effets incongrus de la rencontre avec Dieudonné. On peut relever que seuls les sites dieudonnistes tels la banlieue s'exprime, ont relevé la sortie antillaise de leur nouveau champion... Et s'interroger sur les calculs et la réalité virtuelle d'un Le Pen des minorités...
On peut plein de choses en somme. M'en allant interviewer le-dit Le Pen cet après-midi pour mon excellent journal, je vais essayer de piger. Mais une nouvelle fois, camarade Audiard, y a pas que les cons qui osent tout!
Royal qui cite Malraux, Sarkozy qui se réclame de Jaures... Maintenant Le Pen qui est fan de Césaire... Sans doute allons nous nous réveiller, parce que là j'ai la trés modeste impression de ne plus comprendre grand chose...
Bon courage pour l'interview cette aprésmidi.
Rédigé par: falconhill | 14 février 2007 à 13:52
A quand Besancenot qui cite Charles Maurras? Ou Arlette faisant référence à François Mauriac. On tomberait alors réellement ds la confusion des genres.
Rédigé par: Ben78 | 14 février 2007 à 18:27
Si on veut être optimiste, on dira que Le pen s'est rallié à une conception républicaine de la nation et a abandonné la conception ethniciste à Villiers. Si on est cynique, on dira que lepen drague l'électorat des banlieues et des immigrés assimilés ou en voie d'assimilation. Dans un cas comme dans l'autre, c'est assez habile.
Voir Lepen comme l'expression de l'extrême droite est une erreur. Lepen, c'est avant tout l'expression d'un vote protestataire et des non dit. Le Pen prospère sur les impasses de la classe politique.
Dans cette élection, on ne peut pas lui donner tort de se saisir des thèmes du protectionnisme et de l'assimilation. Le combattre, c'est éviter de chanter les louanges de la mondialisation heureuse et du communautarisme. C'est parler à la France en tant que Nation et non en la saucissonnant en clientèles. C'est oser parler de protections économiques face aux délocalisations et à la désindustrialisation. Simplement avoir l'audace de renouer avec un discours authentiquement républicain. Combattre lepen n'a jamais été si facile et si difficile à la fois.
Rédigé par: Malakine | 14 février 2007 à 23:55
"abandonné la conception ethniciste" ?!
Il peut déclamer un texte appris par coeur autant qu'il peut. Du Césaire s'il veut. Dès qu'il improvise il se prend les peids dans le tapis. Comme ici:
http://www.taha.fr/blog/index.php?2007/02/17/282-raciste-et-con
Rédigé par: Farid Taha | 20 février 2007 à 05:10