Les exemples abondent et la nature ne ment pas. Qu’il s’agisse de l'orignal, du sanglier, du paisible tapir ou du modeste poisson neolamprologus occelatus, la femelle défend ses petits. Des griffes, des pattes, des crocs, et tous les coups sont permis pour protéger le nid. C’est pourquoi, si l’on était Nicolas Sarkozy (à Dieu ne plaise), on éviterait de prendre à la légère une rivale qui prétend devenir la Maman de toutes les mamans.
Ségolène Royal veut, pour tous les enfants de France, ce qu’elle a voulu pour ses propres enfants? Il faut prendre au sérieux cet acte de foi, et bien mesurer l’exaltation de la dame, emportée par ses propos, dimanche à Villepinte. La candidate socialiste est en mission. Elle se battra avec une rage et une détermination conséquentes... Et cette passion est plus saisissante encore que l’ambition dévorante, tellement visible, presque innocente de banalité, du candidat de droite...
Laissons de côté (c’est un tort, sans doute) le catalogue de mesures et la bataille du chiffrage: ceci est vieux comme la droite près de ses sous et la gauche dépensière, et peut tout aussi bien s’inverser, tant les projets de l’UMP semblent également onéreux... Mais revenons à l’essentiel, dans ce théâtre que devient la République, numéro V, version finissante et personnalisée: la naissance d’une guerrière dont la légèreté de l’armure, robes blanches et tons pastels, ne trompera que les innocents.
Royal est, ou bien la plus grande comédienne que la France ait porté, et mériterait un César pour son rôle de femme emportée... Ou bien, un personnage politique inédit, d’une puissance inégalée, portée par le sacré de son aventure. Absolument convaincue d’incarner la rédemption de son sexe, l’élevation du peuple, la défense de ses enfants. Justifiée donc, par avance, par sa destinée et capable, pour elle, de porter tous les coups!
On avait oublié, parce que le zapping est notre malédiction, l’extrème cruauté du traitement infligé à Strauss-Kahn et Fabius lors de la compète interne du PS. Les deux mecs, éparpillés façon puzzle, dépouillés de leurs fiefs et de leurs ambition, par une guerrière ayant rallié tout l’appareil et les notables du vieux socialisme -et qui se payait en plus le luxe de se faire plaindre, tant elle avait souffert des méchancetés machistes de ses rivaux... Fabius et DSK, KO, dépecés, et en plus vilipendés, pointés du doigt, stigmatisés comme des méchants couillus par les thuruféraires d’une tueuse politique en série essuyant des larmes de petite fille...
Attention, Nicolas Sarkozy, s’il s’y croit déjà... Sarkozy le pressé, Sarkozy le beau mec, Sarkozy la bouche pleine de Jaures, Don Giovanni politique qui a oublié qu’il plaisantait devant les patrons du MEDEF sur les mésaventures du maire de Cachan et de ses sans-logis, Sarkozy aujourd’hui si social, séducteur et oublieux , un homme! Dans l’opéra de Mozart, Elvira revient et revient encore, son remords permanent, lui pourrir l’existence en exposant ses péchés. Elvira, Ségolène, les femmes, elles n’oublient jamais!
Attention, l’homme! Jeanne d’Arc est là qui chevauche vers toi! Elle s’avance, elle parle au nom des femmes battues et du citoyen à qui l’on a volé la politique, elle parle au nom des mamans pauvres dont les enfants n’osent pas organiser des goûters d’anniversaire, elle parle au nom des enfants de banlieue et d’ailleurs et même des jeunes morts de Clichy-sous-Bois... Elle est le Bien, et le Bien, jeune homme, peut vous faire très mal...
Quand Ségolène ne veut plus inscrire son fils
NOUVELOBS.COM | 13.01.2007 |
A l’occasion du 40e anniversaire de la célèbre école de théâtre, son fondateur a rapporté que Ségolène Royal avait renoncé à y inscrire son fils car l’enseignement se déroulait dans le XIXe arrondissement de Paris.
Impossible de savoir s’il avait répété la scène, mais le fondateur et directeur général du Cours Florent, François Florent, a épinglé Ségolène Royal. Il a rapporté lundi 8 janvier au soir, à l’occasion du 40e anniversaire de cette célèbre école privée d’art dramatique, qu’elle avait renoncé à y inscrire son fils car l’enseignement se déroulait dans le XIXe arrondissement et non dans le centre de Paris comme elle le pensait.
“Un samedi après-midi, une voiture avec chauffeur s’arrête devant nos locaux (…) Une maman accompagnée de son enfant en descend, demande à l’inscrire en cycle préparatoire à notre secrétaire : ‘Vos premières années du cycle préparatoire sont bien quai d’Anjou ? (NDLR : 4e arrondissement)’; ‘Non Madame, nous n’avons plus le quai d’Anjou. Les cours sont ici…’; ‘Alors, je ne peux pas inscrire mon fils’. L’enfant et la maman s’engouffrent dans la berline, direction le soleil couchant. La maman est candidate à la présidence de la République le 22 avril”, a dit François Florent lors d’un discours en présence de 200 invités dont de nombreux comédiens, anciens élèves du Cours Florent, notamment Francis Huster et Jacques Weber.
A l’issue de son intervention, François Florent a indiqué qu’il évoquait bien Ségolène Royal, ajoutant “qu’il avait été choqué par cette réaction”. François Florent n’a pas souhaité dater son récit mais en a garanti l’authenticité.
“Equidistant du Bois de Boulogne et de Clichy-sous-Bois”
Dans son intervention, François Florent avait également souligné que “par choix financier mais aussi par éthique, il (me) tient à coeur que notre siège social soit équidistant du Bois de Boulogne et de Clichy-sous-Bois (…) Les enfants de l’Ouest parisien voudraient que nous venions à eux, mais ceux du Nord et de l’Est veulent venir à nous”.
Depuis plusieurs années, le Cours Florent est situé avenue Jean-Jaurès, au coeur du XIXe arrondissement de Paris, l’un des plus populaires de la capitale.
c'est cela qu'elle veut pour tous les enfants??? sans autres commentaires, tout est dit..
Rédigé par: pop | 13 février 2007 à 09:39
Sur le coté "bourgeois précieux" de Ségolène Royal, pas grand chose à rajouter.
Par contre, je souscris modestement à 100 % à ce qu'a dit Claude sur son texte. Je n'arriverai jamais à égaler le lyrisme mis dans ces phrases, qui donnerait presque des aspects épiques à une vie politique bien terre à terre des fois, mais je ne peux que le suivre dans son raisonnement. Il reprend un theme qui est souvent évoqué par certains analystes un peu plus fins et ouverts que d'autres (non je ne parle du grand gourou qui passe le matin avant JMA sur une radio francoluxembourgeoise ^^), sur le fait qu'un complexe de supériorité face à Royal serait une erreur mortelle.
Eric Zemour ce weekend sur ITV avait même évoqué le fait que les bourdes de Royal étaient presques une aubaine pour elle. En face de ces mecs vachement intelligents et malins qui ont un peu tout loupé, elle la petite, la mauvaise, ne pourra jamais faire pire qu'eux... En substance, c'était un peu son message.
Et parrallèlement à ça, et en un peu moins préjoratif, Bertrand Delais a encore rappelé la semaine dernière sur ITV toujours, que l'UMP 'faisait décidément la même erreur que DSK et Fabius', en dodelinant la tête devant tant de répétition d'erreur.
Alors ensuite, est ce que la France est le PS ? Visiblement, le référendum européen a montré que non. Mais le PS, a t'il vraiment choisi Royal, ou a t'il sanctionné les donneurs de leçons supérieurement intelligents que sont DSK et Fabius ? Et l'UMP, en face de l'intelligence réelle de Villepin et Juppé, qui sont quand même des tronches, a choisi un roy du populisme (non préjoratif dans ma bouche) et de l'art oratoire en la personne de Sarkozy...
Et si finalement la compétence (supposée) et l'intelligence (supposée aussi), n'étaient plus des critères de choix ?
Bonne journée à tous
Rédigé par: falconhill | 13 février 2007 à 09:52
Restons calmes (ou désespérés). Entre l'énarque et l'avocat on aura probablement droit à tout. Si vous êtes fatigués des slogans vides vous avez maintenant des poings qui se tordent, des "je l'ai là chevillée au corps", des sanglots, des voix qui tremblent, bref l'arrière-garde d'une cohorte d'arguments qu'on n'a pas vu passer. Mais une fois qu'on s'est ouvert le coeur et les tripes, qu'est-ce qui reste ? Deux mois à tenir. Mamma mia. Nous n'avons pas besoin d'un(e) Président(e).
Rédigé par: jluc | 13 février 2007 à 10:28
Jeanne d’Arc a fini sur un bûcher. Ne l'oublie pas ! Elle a tout intérêt à gagner si elle ne veut pas subir le sort de la "bonne lorraine".
Rédigé par: Ajamais | 13 février 2007 à 11:31
Ranimer le souvenir des jeunes morts de clichy pour gagner des voix, ça me dégoûte,,,
T'emporte pas trop Claude, les français sont pas cons non plus,,,,
Rédigé par: Samir | 13 février 2007 à 12:10
Comme souvent, le fébrile Asko voit juste.
Rédigé par: Jérôme Godefroy | 13 février 2007 à 15:52
Nous sommes donc obligés de partir du postulat que c'est une bonne mère pour pouvoir la croire sincère. Je ne sais pas la mère qu'elle est et je trouve l'argument nettement induffisant. Etre mère n'est pas une qualité en soi (je suis une mère pour info). Dans un autre temps, elle avait dit aussi qu'un enfant dit toujours la vérité ... Jouer sur ce registre est malhonnête. Et le côté "chevillé au corps" avec des trémolos dans la voix ... peu sincère !
Rédigé par: anne pinturier | 13 février 2007 à 16:09
Triangulation, Glamourisation, Victimisation : TGV.
Voilà la stratégie en trois lettres qui a permis l'ascension express de la madonne des sondages.
Il y a un peu plus d'un an, Madame Royal dans Paris Match, se déclarait candidate au milieu des éléphants goguenards.
D'improbable au départ, un an plus tard, tout devenait possible, comme aurait dit Sarkozy, grâce à la ferveur de l'opinion friande de belles histoires et de belles images. Ségolène devenait Ségo. La victoire devenait probable, grâce à quelques prises de position iconoclastes, quelques , quelques images volées jusqu'à rendre l'investiture "obligatoire".
L'argument massue tenait en deux phrases : elle incarnait la nécessaire nouveauté, elle était la seule à pouvoir battre Sarkozy.
D'où le slogan du PS taillé sur mesure : le devoir de victoire.
Aujourd'hui, quinze mois plus tard, et à peine trois mois après son triomphe, le même Paris Match publie un sondage de l'IFOP qui place Mme Royal sept ou huit points derrière Sarkozy au premier comme au second tour.
Que s'est-il passé ? Les socialistes se frottent les yeux. Le carosse se serait-il transformé en citrouille, à peine les 12 coups de minuit sonnés ? La nouveauté n'était-elle que de l'ambition, la possible victoire n'était-elle qu'un songe irréel ? La gueule de bois est forte à gauche, tant la déception serait à la hauteur de l'espérance engendrée. L'incompréhension aussi : comment en est-on arrivé la ?
Mais braves gens, l'histoire n'est pas terminée, la saga continue. Les vivats du 11 février à Villepinte sont-ils les prémisses d'une renaissance ou définitivement le chant du cygne ? On comprend que les français se passionnent pour connaître la suite et la fin. Nous aussi.
Rédigé par: Aiglon | 13 février 2007 à 18:42
Je commence à comprendre ce qui a fait la Ségomania. A l'origine du phénomène, on faisait de l'analyse sociologique. Eric Zemmour, voyait dans son émergence, l'illustration de la féminisation de nos sociétés dont il s'est fait le pourfendeur, en même temps que du discrédit des élites savantes. Désormais claude, nous la dépeint comme un personnage romanesque, une femme habitée d'un désir de libération pour son peuple et plus particulièrement pour son genre.
A coté, Sarkozy ne fait que pâle réplique de l'homo-policitus assoiffé de pouvoir tel qu'on en a trop connu dans notre république où le pouvoir est si personnalisé.
Ce combat fait le délice des médias et des commentateurs de la vie publique que nous sommes tous. Mais cela c'est du spectacle. Ce n'est pas de la politique. Il n'est pas certain que le désamour du peuple pour ses représentants ne soit pas simplement un dégoût devant la starackisation de la vie politique et l'incapacité des politiques à dessiner un horizon collectif.
Ségolène est peut-être un avatar de jeanne d'arc, pénétrée comme elle de la conviction d'avoir un destin. Elle est peut-être habitée d'une foi qui la transcende ... mais quels sont les envahisseurs anglais qu'elle se propose de bouter hors du royaume ? Quelle est la mission que lui commande ses voix intérieures, sinon ramener ses amis apparatchiks et roitelets de province dans les palais de la république ?
Rédigé par: malakine | 13 février 2007 à 21:13
@malakine.
"Quelle est la mission que lui commande ses voix intérieures, sinon ramener ses amis apparatchiks et roitelets de province dans les palais de la république ?"... Attention. Comme Jeanne d'Arc a fait le bonheur du pâlichon roi Charles, après avoir réveillé les élites endormies (le secrétaire de la section socialiste de Vaucouleurs), Royal peut conserver l'assiette au beurre des socialos. C'est pour cela que le vieil appareil et les notables locaux l'ont suivie, pour qu'elle les fasse gagner. Mais elle est moins cynique, ou plus "allumée" qu'eux, tant elle croit, ou semble croire, VRAIMENT, à ses voix (entendues en meeting participatif?)!
@falconhill
Si le "gourou" que tu moques est Duhamel, (je crois que ) tu as tort. Son oubli de Royal dans son bouquin relevait plus d'une protestation profonde de cet amoureux de la politique face à un phénomène mystico-populiste qui l'atterrait, que d'un "oups" journalistique. Il s'est trompé, mais en se battant!
Rédigé par: claude askolovitch | 13 février 2007 à 23:37
@Claude : euh, pour le "gourou", cela s'est vu... ? ^__^
C'est vrai que concernant Duhamel, j'avais pris avec assez d'interet son "méaculpa". Maintenant, je trouve qu'il y a chez lui une arrogance qui me hérisse un peu... Cette arrogance d'un savoir surpuissant que j'avais trouvé insupportable lors du référendum européen, et que je trouve tout aussi insupportable en ce moment..
Néanmoins, je suis bien obligé de vous suivre quand vous m'appelez à plus de raison, envers cet homme qui demeure tout de même un grand professionnel, amoureux de la politique comme vous dites, qui m'exaspère mais que j'écoute tous les matins avec ce plaisir de m'énerver contre ses dires, et que je lis avec cette même délectation un peu sadique d'avoir envie de lui répondre. Si il énerve, c'est sans doute qu'il est bon...
Bonne journée à tous
Rédigé par: falconhill | 14 février 2007 à 08:20
Depuis le début,l'UMP fait attention à attaquer Royal comme il faut pour éviter les pièges dont ont été victime DSK et Fafa...
Ce dimanche n'a rien changé et ne changera rien, proposition ou pas, c'est la finale et les français ont bien compris qu'elle n'a pas une stature de présidente
Elle ne reviendra plus
GAME OVER
Rédigé par: MOUTON NOIR | 14 février 2007 à 10:49
Le fébrile Asko, Sarkozy le beau mec ; chercher l'erreur !
Rédigé par: Stubborn | 14 février 2007 à 11:48