Prolégomène sur un député ex-PS (qui ça?) que votre serviteur a interviewé pour un livre (qui connaît un livre?), et dont on me cause quelque peu ces temps-ci.
Extrait du Figaro d'hier, 27 mars
Le Figaro : Nicolas Sarkozy ferait-il un meilleur président que Ségolène Royal ?
Eric BESSON : J’explique dans mon livre avoir depuis une dizaine d’années de bonnes relations personnelles avec Nicolas Sarkozy et apprécier son goût pour l’action. Cela ne l’a pas empêché de ne pas me ménager dans l’Hémicycle lorsqu’il était ministre des Finances, et je ne pense pas que le PS puisse me reprocher de l’avoir, en retour, beaucoup ménagé dans mes activités partisanes… À présent que je suis libre de toute attache, et n’engageant que moi, je crois pouvoir dire qu’il a levé toute ambiguïté sur des points à mes yeux cruciaux (l’intervention américaine en Irak, le communautarisme, etc.), et que le républicain que je suis a apprécié son discours d’investiture du 14 janvier. Il est donc effectivement, à mes yeux, plus préparé et plus qualifié que Ségolène Royal pour présider la France. Quant à le rejoindre, il sait et j’ai dit publiquement ce qu’il en est : j’ai décidé de retourner à présent vers le monde de l’entreprise.
Voilà. Un aveu, n'est-il pas? Honte, honte, hérétique et trahison! Enfin, c'est dit, pourri! Calmons-nous. un peu.
Maintenant, extrait du chat internet d'Eric Besson sur nouvelobs.com, le 21 mars dernier. 6 jours plus tôt.
Question de : Internaute_obs
Annoncez clairement votre position vis à vis de Bayrou et Sarkozy ne crédibiliserait-il pas votre démarche envers Mme Royale ?
Réponse : Je n´ai pas l´intention de dire pour qui je voterai. N´ayant plus de responsabilité nationale, j´ai le droit, comme tous les citoyens de voter dans l´isoloir. Mais je ne me cache pas derrière mon petit doigt. A partir du moment où je ne vote pas pour Ségolène Royal, j´assume pleinement l´hypothèse de voir Sarkozy ou Bayrou diriger la France. Pardon de vous choquer mais ils me paraissent aujourd´hui plus qualifiés.
Comme quoi,le scoop était à nous, à l'Obs (version internet), pas au Fig! Et ce qui change vraiment, entre les deux, c'est la manière de poser les questions. le Figaro ne pose que la moitié de la bonne question et demande à Besson s'il préfère Sarkozy à Royal. Il répond. Sarkozy est plus qualifié. L'internaute nouvelobsien interrogeait Besson sur les deux candidats de la droite et du centre. Il répondait. Bayrou et Sarkozy sont plus qualifiés. La réponse est la même. Et elle ne varie pas de celle qu'il donne dans le fameux livre dont il faudra bien répondre, camarades, au jour du jugement dernier! Eric Besson, ce qui est en somme son droit, "ne souhaite pas que Ségolène Royal devienne Président de la République"! Ipso facto, il préfère qu'un de ses rivaux, donc Bayrou ou Sarkozy, Sarkozy aussi, l'emporte. Ce qui peut choquer, surprendre, indigner, ravir, convaincre (si on daigne le lire) ou non (même après l'avoir lu), être débattu, etc, etc...
Ca s'appelle le débat public. Qui fonctionne toujours mieux quand on est informé, et quand on prend la peine de ne pas faire semblant de découvrir ce qu'on pouvait savoir une semaine plus tôt (mais internet, pour nos grands commentateurs de l'actu, est manifestemment un continent inexploré)... Et de ne pas instrumentaliser des vrais/faux scoops pour conforter sa simple vision du monde.
Moralité provisoire (et conclusion tout aussi provisoire). Il faut, en ce moment, ranger ses billes dans les cases préparées à l'avance. Il fauit que Besson soit sarkozyen, sarkozyste, roule pour le méchant S., il faut que ses propos et ses critiques de Royal ne soient plus discutables, ne relèvent que de la propagande d'un camp, aient été -pourquoi pas- prémédités, qu'il soit un spadassin stipendié... C'est simplement là que -si j'ose- ayant été un petit moment dans cette histoire (et je revendique), j'ai tendance à sourire. Je n'ai pas la moindre idée de ce que Eric Besson deviendra, ni pour qui il votera, ce qui le regarde; je ne suis ni son spin doctor, ni son porte-parole, ni son avocat. Mais, l'ayant interrogé pour ce livre, je puis certifier une chose: ce qu'il a observé et ce qu'il m'a dit sur le PS et sa candidate, il le pense, il le croit, il ne l'a pas inventé pour justifier un passage à droite! Et suffisamment de gens de gauche me disent être assez troublés par ce qu'ils lisent, tant la brutalité des propos rejoint leurs doutes, pour que je persiste, là-dessus. La gauche ferait mieux de moins se cadenasser dans sa forteresse, elle n'en serait que plus avenante...
En même temps, on ne gère pas ses crises identitaires en pleine bataille? C'est la loi de cette Ve république et de son scrutin présidentiel. Au bout d'un moment, on pense plus, on se mobilise. La famille, <em>right or wrong</em>, ils sont tous des Mazarine Pingeot! C'est la chance de Royal, pour qui tant de militants se battent parce que c'est comme ça, pour qui tant vont voter malgré elle ou en dépit d'elle, en voulant voter pour eux-mêmes, pour la gauche, leur histoire, contre les patrons ou les riches ou la droite... C'est la chance de Sarkozy, qui récupère Borloo malgré ses dérapages assez peu en rapport avec l'impératif chrétien-social de l'ex-scout Jean-Louis. C'est la chance des gris bataillons, des patries en danger, des mobilisations générales, et chacun, finalement, joue son petit Gustave Hervé politique: tous au pied du drapeau et on pensera après la der des der! le problème, depuis la der des der, celle de 2002, on a peu pensé. Mais voilà.
Dans tout ça, le camarade Bayrou va jouer à contre-courant. Le poids des si lourdes évidences, des "c'est comme ça et pas zotrement et c'est du droite gauche et SR est toute la gauche et NS rien que la droite" va lester ce qui lui reste de campagne. Borloo est chez Sarko, DSK s'asseoit sagement dans un studio de RTL, en potiche d'une candidate qui l'utilise pour la photo sans le respecter... Les partenaires potentiels de la refondation choisissent l'abri dans les tranchées. Bayrou dirait qu'il va falloir les forcer à faire ce qu'ils savent être juste, et que le peuple le fera! En supposant qu'il ait raison (dans son souhait et sa prévision), il a du mérite, le peuple, à qui l'on demande si souvent d'avoir du cran pour ses dirigeants!
Bon cocooning, bonne fin de campagne! Et pendant ce temps, dans le même ordre d'idée indentitaire et y'a pas le choix, que voulez-vous, Marie-George Buffet a anticipé sa propre mort et fait annoncer par avance qu'elle demandera un coin de table et un peu de chaleur au foyer Royal! Et Olivier Besancenot en profite pour inviter le pauvre PC à une union des vraies gauches contre la "gauche molle" (c'est pas bien, ce langage, Olivier -non pas que le PS et ses insuffisances mériteraient que vous preniez des gants, mais l'expression renvoie à la "droite molle" usitée chez les frontistes, et cette équidistance sémantique vous mal au teint), histoire de bien plonger les camarades communistes dans le désarroi. La LCR veut plumer la volaille coco. A chacun ses objectifs.
Je ne vous ai pas soupçonné d'être complice d'un traitre. Vous avez fait votre travail de journaliste. Et, n'ayant pas lu votre livre, j'ignore si vous l'avez titillé sur sa capacité à avaler ausi longtemps tout un vivier de couleuvres.
Pas traître, Mr Besson ? Ok. Disons alors qu'il critiquait quelqu'un qu'il n'aurait pas dû crtiquer mais qu'il critiquait quand même, et qu'il soutenait quelqu'un qu'il n'aurait pas dû soutenir mais qu'il soutenait quand même.
C'est sûr qu'avec des gens comme lui, la foi qu'on doit accorder à la parole des hommes politiques progresse.
Rédigé par: PMB | 28 mars 2007 à 13:35
Mais arrêtez de nous prendre pour de la bleusaille, Asko !
Le Figaro pose les bonnes questions qu'à moitié ? Et qu'est-ce qui empêchait Besson de lui faire la même réponse que sur le site du Nouvel Obs ?
Ne me faites pas passer ce manipulateur pour un manipulé !
Rédigé par: Franade | 28 mars 2007 à 14:13
Moi chui content : ça fait moults mois que j'annonce que je ne pourrais pas voter pour Royal, bien que je sois militant au PS.
Mais Mr Askolovitch n'a pas fait de livre d'entretiens avec moi, suis très déçu ;-)
En attendant, j'ai dévoré le livre avec Besson, que je trouve drôlissime !
Vous entrez dans le cercle des fermés des journalistes sulfureux, cher Claude. Et d'après mes sources, ce n'est pas terminé ;-)
Amitiés,
L.
Rédigé par: Lancelot | 28 mars 2007 à 17:30
Si M. Besson, ce triste sire avec lequel vous avez co-signé ce livre pitoyable, excessif et donc insignifiant était allé au bout de sa logique, il aurait également démissionné de son mandat de maire, poste auquel il a été élu grâce à des militants PS qui l'ont aidé dans sa campagne. Qu'attend-il donc pour quitter la vie politique ? Elle ne s'en portera que mieux !
Rédigé par: Arkel | 28 mars 2007 à 20:12
Voter Royal au 1er tour cela revient à contribuer à l'election de Sarkozy au second tour.
La voilà la première vérité.
Personnellement je ne souhaite vraiment pas contribuer à ce que la France connaisse sa période Berlusco-Bush.
Et la deuxième vérité, c'est que François Bayrou est véritablement un homme à la mesure de nos penssées et de nos idées fondatrices pour l'humanité.
Et si la moindre personne qui se dit de gauche n'a pas conscience de cela, alors c'est grave, très grave.
Rédigé par: Ether | 29 mars 2007 à 05:52
Sympathique de voir les certitudes...
"poste auquel il a été élu grâce à des militants PS qui l'ont aidé dans sa campagne"--> Trés faux de dire ça. c'est méconnaitre la ville où Besson a été élu. Et les élections municipales dans des communes moyennes, où le poids du militantisme politique et des appareils est nul, totalement nul.
En tous cas, Besson est une star de cette campagne. Mais c'est trés beau de voir la tolérance de certains socialistes qui décidément redoublent d'humanisme et de modération dans les propos vis à vis de Besson.
Enfin, cette campagne déchaine les commentaires. C'est bien...
Rédigé par: Falconhill | 29 mars 2007 à 07:42
Ether> la caricature ne fait pas avancer les choses...
Rédigé par: MOUTON NOIR | 29 mars 2007 à 17:39
Y a t'il des disfonctionnements au seins du PS ? Mme Royal est elle la bonne candidate ? Surtout est elle bien conseillée ? Moi ce qui m'etonne c'est le départ. Que Mr Besson estime qu'au sein de son mouvement il y aurait de profonde reforme à apporter, c'est parfaitement son droit. Pourquoi avoir démissioné (au plus mauvais moment encore). Chacun est parfaitemant libre de ses choix c'est la démocratie mais il est domage de constater qu'au lieu de se battre au quotidien pour faire passer ses valeurs au seins de son groupe politique on prefers partir. Finalement le mouvement PS n'en valait pas autant la peine que cela ? Les valeurs non plus ? Normalement un homme politique se bat pour le bien commun (je sais j'idéalise, rire). Si on suit la logique de Mr BESSON il serait l'un des rares à avoir raison au sein des cadres du PS, son départ laisserait donc la place à des incompétants. Un peu le syndrome Jospin, je me prend une claque alors je part. Absolument aucune logique dans cette attitude à mon sens. De plus dire que Mr Sarkosy ferait un bon président par rapport à Royal effectivement cela laisse reveur quand à l'engagement pour les idées socialistes. Au delà des hommes ou femmes qui passent les valeurs restent, domage que cela est si peu d'importance pour Mr BESSON. Mais on a le droit aussi de changer d'avis dans une vie et si il estime que les valeurs de la droite UMP est plus proche de ses convictions il est parfaitement en droit de l'affirmer et de quitter sa famille politique.
Rédigé par: FRED | 30 mars 2007 à 08:00
MIGRATIONS : L’IDENTITE EN JEU
Grands dieux, quel match ! Tout le monde s’en est mêlé, et la mêlée tourne dans tous les sens. Retour sur ce match à trois joueurs.
Première mi-temps : Nicolas le 1 démarre fort. « Qu’est-ce qu’il » fait ? Depuis sa moitié de terrain, surnommé le plateau des mille bœufs, aménagé par TF1, Monsieur claironne qu’il envisage la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Il s’inspirerait, pour cela, de la plupart des pays alentours et surtout du model anglo-saxon. Toutefois nous noterons dans un premier temps, une grossière erreur de traduction, ce qui est embêtant pour un adorateur de ce model. Car si l’Australie possède bien un « Departement of Immigration and Citizenship », citizenship se traduit non pas par « identité » mais par citoyenneté, ce qui fait bien plus républicain, tout de même. Nico, t’es donc nul en anglo-saxon. Voilà pour la forme.
Quant au fond, « qu’est-ce qu’il » en est? Bien que l’identité « nationale » soit déjà mise en minorité dans nos prisons comme dans certains quartiers, était-il nécessaire de juxtaposer les deux notions ? Non ! Je serais très curieux de lire le plan d’action politique d’un ministère à la problématique aussi transversale que celle de l’identité. Je t’ai déjà dis mon bon Nico que l’important n’était pas de se rendre sourd des échos frontistes répondant aux cris comme au vécu du peuple, mais seulement de les reprendre afin d’y apporter des réponses républicaines. Dés lors, tel un Mitterrand enterrant l’extrême gauche par la reprise de ses échos aux attentes du peuple en matière sociale, tu enterreras l’extrême droite en lui reprenant les attentes des français en matière d’identité et de sécurité. Ce qui nous permet de mieux comprendre tout le cinéma que nous fait Le Pen autour de ses 500 parrainages. À sa place je serais allé jusqu’au bout du scénario en ne déposant pas les signatures à cause du «Grand Complot », histoire d’exister dans la victimisation puisqu’il est fort probable que la tactique sarkosyste paie et que Le Pen connaisse son premier reflux. Enfin tout ça pour dire que la surenchère n’est en rien nécessaire car n’oublie pas que si Mitterrand était capable d’appeler à « abattre le capitalisme », il était tout aussi capable de gérer au centre. « Qu’est ce que » t’en dis ?
Devant ce passage en force, « qu’est-ce que » fait ma candidate ? Depuis, sa moitié de terrain, aménagé en salon de bovins, tout en mâchouillant son bout de charolaise cuit « juste » à point, celle-ci ajuste ses crampons aiguilles, s’élance et envoie son tacle « juste ». Notre péronnelle royale crie « justement » à l’ignominie. Bravo ! Après avoir abandonné les symboles républicains (drapeau, hymne, devise républicaine) et l’identité nationale à la droite comme à l’extrême droite au nom du fait que l’immigration n’est pas prête de menacer l’identité des bobos-quartiers, vous voilà prêts à expliquer à tous les pays disposant de ce genre de ministères qu’ils sont ignobles et à commencer par le Québec puisque celui-ci dispose d’un « ministère de l’immigration et des communautés culturelles ». Après le coup du « vive le Québec libre » fait il y a 2 mois, pourquoi pas à un nouvel incident diplomatiques avec la Canada. Tu pourras toujours envoyer ton « seul » sous-marin nucléaire. Le « Juste ».
Poursuivant sa contre-attaque « juste », elle perd la balle et continue de discourir sans se rendre compte qu’elle n’est plus en possession de celle-ci. En effet, devant les pécores de salon, elle reprend mot pour mot la terminologie de mon Nico. Ecoutons-là ? « À travers les 3 P, paysan, paysage,... (désolé mais je n’ai pas pu retenir son 3e P), il s’agira de mettre fin à la Migration et à la désertification rurale qui met en péril l’Identité de nos campagnes ». Véridique. Mort de rire ! Coup de sifflet.
De cette phase de jeu, nous retiendrons que si le Sarcosuchus Imperator s’inquiète à « juste » titre que l’immigration incontrôlée puisse mettre à mal l’identité nationale « urbaine », ma Battle Royal s’alarme également à « juste » titre que l’émigration puisse mettre à mal l’identité nationale « rurale ». En parlant de rural, que pouvons nous dire du jeu de Bayrou dans cette première mi-temps. Rien mais c’est lui que marque le plus de points puisqu’il botte en touche.
Deuxième mi-temps : On remet ça. C’est encore Nico qui démarre en trombe. « Qu’est-ce qu’il » fait ? Encouragé par ses supporters, il repart à l’attaque en expliquant qu’il est anormal que la notion « d’identité » soit devenue un gros mot. Il dribble à droite par son souhait de reprendre les symboles nationaux confisqués par les frontistes puis crochète à gauche car il n’aime pas l’image que donnent les frontistes, de notre Nation. C’est le délire dans ses tribunes. « Qu’est ce que » c’est beau !
Ségo n’est pas en reste. Encouragée à « juste » dose par tous ses amis du monde cuculturel, elle repart prendre le ballon à Nico, mais le reperd aussitôt à cause d’une grossière erreur tactique. Elle s’est contentée d’appliquer une trop vieille technique de l’école footpolistique « marxiste ». « De notre identité, de notre passé faisons table rase puisque seul compte notre projet d’avenir. Faisons fi de nos racines puisque seul doit compter la vue de l’esprit selon laquelle nos pétales de rose seront portées par un vent fécond. Vive la culture hors-sol ! » C’est « juste » beau, c’est « juste » con ! Je comprends mieux pourquoi elle a refusé de nous expliquer sur « France culture » sa vision historique de la France. Fais « juste » gaffe parce que l’étape qui vient après la culture hors-sol est celle d’une culture génétiquement modifiée. Or il me semble que t’es contre.
Elle perd donc la balle sur le milieu du terrain. Balle reprise par mon bon Béarnais qui la garde en enchaînant les passements de jambe et les phrases du type « On devra bien vivre ensemble de toute façon. Il faut donc trouver ensemble, les moyens de le faire ». Bravo ! Coup de sifflet final.
Mais je me rends compte, à l’instant, que je ne vous ai pas expliqué les règles de cette compétition footpolistique à 3. Chaque camp doit récupérer la balle au centre pour la garder le plus longtemps possible sur sa moitié de terrain. Le candidat centriste gagnant, quant à lui des points, à chaque fois qu’il la maintien au centre.
Troisième mi-temps : La partie fut intéressante et on nous prépare même un match retour. Mais en attendant je propose de mettre tout le monde d’accord autour d’un verre. C’est moi qui régale ?
« Qu’est ce que » ça sera pour mon Nico ? Une Corona ! T’aime ça toi ? A bon ! C’est pour rendre ton haleine plus sympathique à un Chirac qui tarde à te manifester son soutient. Je comprends !
Et toi ma princesse Royal, ce sera quoi ? « Juste » un Monaco ! T’aime ça toi ? Bien chargé en grenadine puisque t’adores le rouge sirupeux. Bon !
Pour mon Bayrou, on ne sait pas encore. En attendant qu’il ait choisi entre un verre d’eau et un pichet de lait de chèvre, et puisque vous me demander mon avis, laissez-moi vous dire ceci, bande de petits joueurs.
Tout d’abord, en Démocratie il ne doit pas y avoir de thèmes tabous ni de question à laquelle on se refuserait d’apporter une réponse. Seules les réponses criminelles y sont interdites.
Ensuite puisque vous parlez tous les deux de « Migrations » et « d’Identité », histoire de vous mettre d’accord, je vous propose de repeupler nos campagnes avec les immigrés, afin d’épargner notre urbanité et sauver grâce à tous ces blédards, notre ruralité. Il sera même nécessaire d’envisager la création d’un ministère chargé de mettre en œuvre ce grand projet. Il Faudra « juste » trouver un intitulé moins déclencheurs de paranos. J’ai en effet assisté il y a deux soirs de ça, à des arguments fleurant bon le dérèglement de l’hypothalamus postérieur. Celui qui est sensible à la parano.
En effet, pour certaines, qui appellent par ailleurs à sortir de « l’identité victimaire » comme pour une autre qui appelle à y rentrer, le nom du Ministère proposé par mon Nico leur rappellent soit le Commissariat Général aux Questions Juives soit un commissariat aux questions indigènes, avec bien évidemment un génocide à la clef. On n’en doute pas ?!? C’est marrant, moi aussi, ce nom, me fait rappeler une page glorieuse de notre psycho-histoire. Celle où l’ONU mit en place l’A.I.G.C.E., l’Agence Intergalactique de Gestion des Contacts Extraterrestres. Rassurez-vous puisque je me propose de vous rassurez. Je vous assure que l’on peut aimer le métissage tout en tenant à une identité. Comment ?!?
1- Parce que j’en suis la preuve !
2- Parce que toutes les grandes Nations métisses en sont également la preuve. Il suffit d’observer les USA, le Brésil, la France et tiens, surtout les Caraïbes, puisque chacune de ses petites îles sont tout autant métissées qu’attachées viscéralement à leurs identités spécifiques.
3- Parce que certains intellectuels et artistes de gauche ont trouvé un terme à cette combinaison ; « L’exception culturelle ». Comme quoi l’identité, chacun est tout aussi capable de la voir à sa porte dès que cela arrange.
Concernant l’immigration, pour tout vous dire, ce qui me gêne vraiment ce sont tous les amalgames. Pas seulement l’amalgame classique, de droite, raciste et con. Non, l’amalgame de gauche angélique et bête me gêne aussi. Celui qui nous fait parler de l’Immigration afin d’éviter toute typologie des immigrations. Ça me gêne d’autant plus que la dernière fois que l’on a agi ainsi, ce fût la catastrophe. Alors que l’intégration dans l’Empire romain s’était plutôt bien passée au sud du bassin, que la civilisation s’y portait plutôt bien, au Nord par contre, la lumière de Rome se trouvait aux prises avec la sauvagerie culturelle des germains d’alors. L’une des solutions fut alors la mise en place de la politique des « peuples fédérés ». On octroya a des populations qui haïssaient Rome tout autant qu’elles en étaient fascinées, par une sorte de discrimination positive, des terres, des carrières militaires et même la charge de surveiller le Limes, nos frontières. Echec total. Rome aurait du comprendre que le processus visant à civiliser les teutons d’alors ne pouvait passer que par de continuels coups de boutoir, au lieu de les accepter massivement au sein de l’Empire. Anachronisme ?!? Peut-être. Cependant comme les cons d’en face ne se gênent pas pour en faire, je ne vois pas pourquoi moi aussi je ne tirerai pas quelques leçons du passé.
Mais revenons à l’amalgame présent et au refus de certains membres des milieux autorisés à penser, de procéder à la typologie des immigrations. Revenons-y parce que je tiens à leur dire que nous sommes de plus en plus nombreux parmi les non-autorisés à la faire et qu’il en ressort sans haine aucune, et au contraire d’une façon on en peut plus froide, qu’on ne tiens pas à accepter chez nous toutes les immigrations disponibles. Principalement celles porteuses de motivations identitaires conquérantes. Fantasme ?!? Que très partiellement comme je me propose de vous le démontrer de suite.
Nous sommes tous d’accord que si un individu risque sa peau à traverser mers et déserts, c’est avant tout pour y chercher une vie meilleure, n’est ce pas ? Cependant, d’après-vous que se passera-t-il si au départ comme à l’arrivée il y trouve des « autorités identitaires » pour lui rappeler ce que leur prophète a ordonné en son hadith numéro 1, intitulé « Les actes ne valent que par les intentions » :
« Les actions ne valent que par les intentions qui les animent et chaque créature est rétribuée en fonction de son intention. Celui qui aura émigré pour Allah et son envoyé, son émigration lui sera comptée comme dédiée à Allah et à son envoyé. Celui, en revanche, qui aura émigré pour glaner quelque bien de ce monde ou pour prendre femme, son action ne lui sera comptée que pour ce pourquoi il aura émigré. »
Alors ? Vous ne voyez toujours pas de lien entre immigration et identité mes cocos et ma cocotte ? Si ! C’est bien ! Alors puisque nous sommes tous d’accord, vous pouvez finir vos verres. Je remets ça ! Tavernier !
Mon Nico, « juste » un truc avant de finir ! Pourrais-tu arrêté avec tes « qu’est-ce qui ». 1- ça me saoule... 2- ça fait très Georges Bush faisant exprès de mal parler, histoire de faire proche du populo... 3- parce qu’en France ça fait « juste » cancre...
Ma Ségo, « juste » un truc aussi! Peux-tu arrêter de nous placer l’adjectif « juste » à chaque phrase parce que ça commence à tenir plus du TOC que de la conviction... Merci !
SIL le Juste sur http://republicoin.blogspot.com
Rédigé par: SIL | 02 avril 2007 à 22:06