Et pendant ce temps, elle tourne, la terre, et on crève au Darfour . Sara Daniel en a parlé dans l'Obs, on n'est pas les seuls, mais que pèsent nos mots, ici, si les Etats ne bougent pas? Il ya un meeting ce soir à Paris, à 20 heures, à la Mutualité, à l'appel du Comité urgence Darfour, pour interpeller notre futur Président(e). On y trouvera Bernard-Henri Lévy, et tous ces intellectuels droits de l'hommistes qui ne sont plus à la mode, évidemment, mais qui ont le don de se trouver du bon côté, quand il faut faire des choix.
Et pendant ce temps, elle tourne, la terre, et elle se réchauffe au jour le jour, et -vous savez quoi?- finalement, tout le monde s'en fout! L'environnement a disparu des grands débats essentiels de la non moins essentielle compétition dont nous sommes les spectateurs médusés. Où sont les grands engagements, main sur le coeur et plume à la main, qu'on prenait en janvier? Et Nicolas Hulot peut se demander s'il a bien fait de renoncer à cette candidature qui imposait ses thêmes dans la campagne. Quand on pense que c'est par refus du poujadisme, pour ne pas devenir l'homme du "tous pourris, tous menteurs", que Hulot a renoncé, contre son instinct le plus profond... Elle est bien belle, cette campagne, et il est bien fâché, l'animateur du Pacte écologique! Il menace même de crier, il veut déjà remobiliser ses troupes, ils sont -au moment où j'écris- presque 680.000 à a voir signé son pacte; ce sera un meeting et une manif, le 1er avril prochain. Puisse-t-elle être gigantesque et forcer à nouveau la main aux belles gens d'en haut... Au fond, Hulot doit surtout être fâché contre lui-même, de les avoir laissé s'égailler.
Et pendant ce temps, elle tourne, la terre, et Cesare Battisti a été arrêté au Brésil et -savez-vous quoi? On en fait une histoire de politroucs franchouilles. D'aucuns supputent la manoeuvre sarkozyenne, d'autres soupèsent l'embarras et les palinodies de cette gauche française, qui a du mal à être à la fois solidaire de ses propres souvenirs -le romantisme révolutionnaire et la beauté des polars, et les douces années Mitterrand-, et de la mémoire sanglante de la gauche italienne, qui a payé le prix des aventures de Battisti et des siens... Le problème Battisti n'est pas français; il est universel, tant il questionne les principes du droit, la solidité d'une démocratie, la tentation de la violence. Battisti témoigne que la frontière est si fine, qui nous sépare de la barbarie terroriste... Cette histoire vaut mieux et plus que notre campagnette...
Et pendant ce temps, elle tourne, la terre. 75 mineurs ont été tués dans un coup de grisou dans une mine en Russie -ça existe encore, les coups de grisou... Et 63 vieillards sont morts dans l'incendie d'une maison de retraite , encore en Russie. Elle existe encore, la Russie.. Au Zimbabwe, on casse la figure aux députés d'opposition. Le révisionniste Ahmadinejab va parler devant l'ONU . Pour fêter son gouvernement d'union nationale, le Hamas s'est offert un petit attentat. Et les autorités israliennes, en forteresse assiégée, font comprendre à leur minorité arabe que la liberté d'expression leur est bien limitée
(lien en anglais, sorry). Chez nous, des marins disparaissent en mer. Ca existe toujours, des gens qui risquent leur peau, juste pour vivre?
Et ça relativise bien nos petites histoires.
Peut-être parce qu'en ce moment, j'ai le regard plus que de coutume tourné vers le passé, j'ai été troublée de voir qu'il y a toujours des marins morts en mer comme dans les poèmes d'Hugo et des mineurs tués par le grisou comme dans Zola.
Ces drames du quotidien qu'on pourrait imaginer disparus au 21ème siècle.
La folie des hommes dans certaines parties du monde, elle, on ne peut même plus imaginer qu'elle cesse !
Rédigé par: marie-hélène | 20 mars 2007 à 08:48
Et pendant ce temps, le PSG meurt...
Ah, j'oubliais: en plus, il fait un vrai temps de merde...
Rédigé par: Franade | 20 mars 2007 à 10:11
L'affaire Battisti soulève également le problème de la justice italienne, une démocratie proche de nous, qui n'a pas encore su purger ses années de plomb.
"Battisti témoigne que la frontière est si fine, qui nous sépare de la barbarie terroriste ..."
... et des jugements hâtifs.
Rédigé par: Claudius | 20 mars 2007 à 11:35
Hi hi Franade :) (enfin, hi hi jaune, il fait un froid de cygne...)
Pour le PSG, même Claude avait évoqué des réserves la semaine derniere, à l'excellent On Refait le Match (d'ailleurs Claude, encore merci de défendre le football "populaire"... c'est sympa d'aller en famille au stade sans avoir besoin de manger des patates le reste du mois...).
Et perso, le marseillais que je suis qui est terrifié à l'idée que l'on risque d'avoir un an (au moins) sans PSG - OM n'est vraiment pas rassuré sur l'avenir du PSG. Pas du tout du tout du tout du tout...
Sinon, sur le post de Claude, c'est bien quand même, sans faire dans le larmoyant guimauve, de rappeler que le livre sur Besson, c'est bien, ça fait parler... Mais que à coté, y a juste un peu plus grave. Ca n'efface pas les questions et les jugements qu'on peut porter sur les affaires révélées par le Canard, et sur les moeurs et les pratiques pas toujours top de notre vie politique. Mais ça relativise. Beaucoup.
J'aime bien ce post Claude.
Rédigé par: falconhill | 20 mars 2007 à 11:38
Fred Vargas, membre du comité de soutien en faveur de Battisti, ça laisse rêveur sur l'état de déliquescence intellectuelle de notre beau pays.
C'est vrai quoi, faut le défendre au nom de la littérature, le type! Qu'il soit coupable de crimes de sang notamment contre des représentants des forces de l'ordre, on s'en fout, les flics ont qu'à faire un autre boulot et écrire des bouquins s'ils veulent être aimés et respectés. Non mais!
Rédigé par: Sacha | 20 mars 2007 à 13:49
Franchement, falconhill, je sais pas si ce sont les résutats du PSG qui mettent Asko dans un état pareil, mais cette chronique m'a fait remémorer les 20h les plus gais de Roger Gicquel.
Ce qui ne me rajeunit pas. En même temps, c'est dans de pareils moments qu'on se dit que vieillir a des bons côtés. Roger Gicquel... Brrrr !
Tiens, je vais aller remettre une bûche dans la cheminée...
Rédigé par: Franade | 20 mars 2007 à 13:59
J'ai pas eu le bonheur de connaitre Roger Gickel (je regardais pas le 20 heures à 3 ans ^^), mais parait que les avions s'écrasait toujours sur ses pompes, non ?
Enfin, y a t'il besoin du PSG pour pas avoir le moral ? Mais c'est sur qu'aimer le PSG ne fait pas avoir meilleurs moral (soupir)
Sinon, j'adhere à pas mal de % à la position de Sacha... (gros soupir...)
Et il fait un froid de canard, et demain c'est le printemps. Y a plus de saisons... (il est où Nicolas Hulot ?)
Rédigé par: falconhill | 20 mars 2007 à 14:49
"Docteur Gicquel il arrive. Toute la misère du monde ! Il a dû être mazouté avec les autres oiseaux là-haut hein ? Dans les dégazages.
Quand y a un avion qui s'écrase dans le monde, c'est sur les pompes à Roger Gicquel ! C'est toujours des informations épouvantables : "Un chien a mordu une vieille dame..." Vous vous rendez compte de la vie de ces pauvres bêtes : Être obligées de manger des vieux ! Tout ça... Une horreur !"
Coluche, la publicité, vers 1980.
T'as connu?
Toute une époque!
Alors, au fait, j'allais au parc en tribune Boulogne, c'était encore assez cool pour les minots!
Rédigé par: claude askolovitch | 20 mars 2007 à 15:07
(HS à fond) Coluche, connu avec Rires et Chansons et les émissions de Michel Drucker. Le Monsieur à salopettes est mort j'avais 9 ans, j'ai pas trop connu le direct.
La seule fois que j'ai eu l'occasion d'aller au Parc, ce fut un soir d'entre deux tours d'élection de municipales, en 2001. PSG - Galatasaray, qui s'est trés mal fini. Triste... Par contre, quand j'étais petit, mon papa à moi m'ammenait aux Costieres à Nimes, au Parc des Sports à Avignon, à Ales aussi. Et quand j'avais de bonnes notes, à Montpellier ou à Marseille. A l'époque, la place coutait rien. Maintenant, à Marseille, le non abonné qui va occasionnellement au Stade doit payer 50 euros une place en plein vent. Cher. Moins qu'à Manchester, plus qu'avant.
Un peu aussi pour ça (mais on sort vraiment du sujet) que le débat sur l'accessibilité des stades pour les classes moyennes reste un sujet important.
Fin du HS, mais c'est agréable de parler de choses un peu plus légères, isn't it ?
Bonne fin d'aprésmidi
Rédigé par: falconhill | 20 mars 2007 à 16:39
On ne le dit pas assez mais les cheveux en plastique de PPDA, les décolletés plongeants de Claire Chazal et les 13h chez les Bisounours de Pernaut font partie du protocole de thérapie publique visant toute une génération traumatisée par les JT de Gicquel.
Inimaginables pour quelqu'un qui n'a pas connu cette époque, cette angoisse, cette souffrance dans lesquelles chacune de ses prestations télévisuelles nous faisait baigner...
Enfin, quand je dis inimaginables, je m'adresse surtout qui à ceux qui ne sont, aujourd'hui, pas ou plus supporters du PSG.
Rédigé par: Franade | 20 mars 2007 à 17:34