Traîtres, Judas, Iago, comment as-tu pu, l'Obs devrait te virer! Donc, quelques mots sur mon bouquin avec Eric Besson, ça s'impose.
Voilà donc les traîtres! Le grand traître, Eric Besson, député ex-PS qui ne souhaite pas la victoire de Ségolène Royal, et qui le dit, le proclame, le revendique, l’argumente sans remords -et le complice, le traître en second, ma pomme, votre serviteur, interviewer du susnommé Besson pour un bouquin, "Qui connaît madame Royal?" , (lien FNAC, pub gratuite, sorry), livre qui sort demain, mardi, dont des extraits sont parus dans la presse, et dont la tonalité n’est pas spécialement enthousiaste pour la représentante du PS dans l’élection. C'était la litote du lundi matin.
Voilà les traîtres. Les salauds qui tirent contre leur camp à 5 semaine du premier tour. Qui balancent une mine sur le chemin de la belle caravane de la candidate, qui pavent le chemin à l’immonde Sarkozy, au méprisable Bayrou... Traîtres et stipendiés, Judas dont les droits d’auteur seraient les trente deniers!
Au fait... Excuses préalables. Se servir de ce blog pour causer de mes petites affaires, je ne devrais pas. Mais cette histoire est bien politique. Ca jase dans le petit milieu (politico-journalistique), et sur le web , et chez mes potes. Un ami ne me parle plus, effaré de me voir “participer à une opération contre la candidate de la gauche démocratique” -un seul, mais j’y tenais à celui-là, et ça me navre, et c’est pour lui, notamment, que j’écris ici. D’autres font juste la gueule, ou me regardent en loucedé. Ou ne comprennent pas. Il y a ceux qui se marrent, aussi, tant Ségolène Royal, en réalité, pose des problèmes à pas mal de gens, et pas seulement à Eric Besson...
Bref. Ca mérite des précisions.
Première ligne de défense, évidente: dans ce bouquin, je fais mon taf. Je pose des questions, l’autre répond. Un journaliste pose des questions, analyse, décrypte, raconte ou prolonge l’actualité. C’est le politique -Besson- qui répond, et je ne suis pas comptable de ses réponses. Un journaliste n’appartient à personne. Ma carte de presse, 56469, n’est pas une carte du parti socialiste. Je ne dois rien aux tauliers de la rue de Solférino ! Blague à part, ceci devrait suffire. Mais on n’en restera pas là.
Car au-delà -j’en vois qui rigolent dans la salle- du postulat un zeste faux-cul de la neutralité journalistique, je revendique évidemment ma démarche. L’Os est de gauche, et je ne viens pas de nulle part? D’accord. Evidemment. Ca tombe bien, Besson aussi vient de la gauche, et s’en réclame toujours, mordicus. Ses totems et ses référents s’appellent Mendes, Delors, Rocard, la gauche moderne et progressiste et scientiste -et l’Obs, justement, pour tout ce qu’il a construit en 43 ans d’existence. C’est au nom de ce corpus, de ces principes, de cet univers, qu’il charge Ségolène Royal et ceux qui la soutiennent. On peut lui donner tort. Penser qu’il s’égare. Mais il a le droit de parler. Et il n’y a rien de critiquable à l’interroger, à lui donner la possibilité de s’exprimer... Sachant qu’il exprime ce que ressentent, et confient, "en off", pas mal de socialistes, bien empêchés aujourd’hui de le dire, et qui accompagnent sans sincérité une candidate dont ils redoutent, au fond, le succès.
Besson dit sa vérité. Une vérité. Le libre débat, la polémique politique, rude, âpre, font partie du jeu démocratique -qui est tout sauf un jeu. Besson affirme que Ségolène Royal introduit le populisme et le pouvoir personnel dans le logiciel de la gauche. Il n’est pas seul à le penser. Il décrit l’abandon de ses principes par le PS. Là encore, il exprime quelque chose que beaucoup de gens ressentent. Cela mérite réponse. Pas excommunication. Le socialisme n’est pas une église, et renvoyer Besson à la traîtrise, à la folie, à la rancœur ou à la frustration (en attendant de jaser sur sa vie privée supposée dissolue, comme certains socialistes l’ont fait lors de sa démission, il y a un mois, étranges méthodes de stals en social-démocratie -c’est dans le bouquin, aussi) n’est pas une réponse politique. Un évitement, une commodité, un arrangement... Mais l’évitement ne règle pas les problèmes politiques. Et Besson en pose un -ou plutôt, ce que construit Ségolène Royal pose quelques questions à gauche... Rien ne tombe du ciel, dans cette histoire. Rien. Et il n’y a pas de complot. Ni sarkozyste, ni bayrou-iste. Rien.
On dira, aussi que ce n’est pas le moment, en pleine bataille électorale... Ouais... Si on prend la politique au sérieux, c’est justement avant une élection que l’on proclame sa vérité. C’est même, me semble-t-il, le minimum minimorum en régime démocratique... Prétendre qu’il faudrait s’écraser mollement au nom de l’intérêt supérieur du Parti en campagne, relève d’un vision mafieuse de la politique. Mafieuse, campiste, militariste... On en fusillerait pour moins que ça! C’est évidemment irrecevable pour un journaliste; ça devrait l’être pour n’importe qui.
Si je reproche quelque chose à Besson, sur le plan des principes, c’est d’avoir tardé à dire ce qu’il pensait. D’avoir été, longtemps, un bon soldat d’une cause à laquelle il ne croyait plus. C’est ce silence -et ce qu’il révèle de l’opacité des discours politiques- qui m’ennuie. Pas sa parole d’aujourd’hui (qui n’est pas une parole d’évangile, mais qui est sincère -et invite donc à une controverse réelle). Je l’interroge là-dessus dans le livre. Il me répond. Le lecteur est juge. Besson longtemps masqué ses doutes, sa colère, ses interrogations -par habitude, fidélité, patience... On a tous, dans nos vies, de bonnes et de mauvaises raisons... Une rupture brutale avec le PS l’a libéré. Il a reconquis sa liberté, et en use. Il n’y gagnera rien. Il a rarement pris la politique autant au sérieux! Encore une fois -que l’on lise, et qu’on en en débatte!
Dernier élément, auquel je n’échappe pas, des questions qu’on me pose, parfois, souvent. Quid de ma loyauté envers mon journal, puisque l’Obs est la gauche, puisque l’Obs a “roulé pour Royal”? Quid de ma sincérité journalistique, de ma capacité à couvrir la campagne?
Outre le rappel de l’indépendance journalistique (voir plus haut), je constate ceci. Si l’Obs était “royaliste”, je serais donc l’heureuse exception qui confirme la règle; ou plutôt la preuve du pluralisme de ma maison! Mais ce n’est pas ainsi que les choses se passent. L’Obs, hebdo de gauche, est aussi peu “royaliste” que je serais, moi, un journaliste “anti-Royal”. Ce journal s’est créé sur un parti-pris de rapport critique à la gauche, sa famille, et d’indépendance éditoriale. Je me sens, ainsi, très à l’aise, et très fidèle à ma maison...
En 2001 -récidiviste donc!- j’avais sortie une biographie de Lionel Jospin, "Lionel" (lien amazon, sorry encore -vivent les librairies de quartier!), dont une des trames, un fil conducteur, était le trotskisme passé du candidat PS, son entrisme au PS, sa double vie politique, près de 20 ans durant, et ce qu’elle avait impliqué pour lui. L’Obs avait publié les bonnes feuilles du livre, et publié également, dès le printemps 2001, mes articles sur le sujet. La charge était pourtant assez rude, consistant à étaler le mensonge politique d’un homme qui portait, déjà, le destin de la “famille”. Cela n’avait rien empêché. C’était à l’honneur du journal de le faire. Cela s’était fait naturellement. Y vivant et y travaillant, je ne vois pas que le Nouvel Observateur ait changé.
Notez bien: j’écris ceci lundi matin. Tôt. Et j’ignore totalement ce que l’Obs écrira sur le livre de Besson. J’ignore s’il sera condamné, défendu, comment il sera -ou non- débattu. Je ne m’en mêle surtout pas. Je respecte ceux avec qui je travaille, comme eux respectent ma liberté. C’est pour cela qu’un journal, définitivement, ne ressemble pas à une caserne.
"...Besson (a) longtemps masqué ses doutes, sa colère, ses interrogations - par habitude, fidélité, patience..."
Et par calcul ? Non ? Ah bon...
Pour le reste, je serais plutôt d'accord avec lui. Mais comment se fait-il que moi (et bien d'autres), pourtant pas au contact de cette dame comme les Besson and co, il y a longtemps qu'on sentait ces choses ?
Rédigé par: PMB | 19 mars 2007 at 07:56
La liberté, la vérité, l'indépendance... Allons, allons, on dirait du Florent Pagny.
Il n'y a qu'une explication. D'ordre idiosyncrasique. Besson & Asko sont deux individus assoiffés de notoriété.
Médiocres.
Rédigé par: Reivilo | 19 mars 2007 at 07:56
« Qui connaît monsieur Besson? Vous connaissez monsieur Besson? »
« Qui connaît monsieur Askolovitch? Vous connaissez monsieur Askolovitch? »
Rédigé par: Helder | 19 mars 2007 at 08:11
Franchement si il faut en vouloir à quelqu'un c'est a Besson faut pas tirer sur le messager.
Vu ce qui s'est passé en 2002 et aux primaires ils devraient eviter de trop faire les donneurs de leçon...
Rédigé par: thc2 | 19 mars 2007 at 08:21
Que dans l'initiative partagée de ce bouquin, vous étiez dans votre rôle de journaliste, ok...
Qu'un journaliste est avant tout un journaliste, et ceci au-delà de la ligne rédactionnelle de l'hebdomadaire pour lequel il gratte en général ou de ses choix politiques, ok...
Mais ne venez pas défendre cet infâme Besson sur votre propre blog. Ne venez pas défendre ici ces aigris qu'ils veulent faire perdre la Gauche, et donc faire gagner la Droite au nom de vieilles rancoeurs. C'est tout à l'honneur du PS d'avoir demandé à ses militants de choisir celle qui devait le représenter pour la prochaine élection présidentielle. C'est tout à l'honneur des éléphants du PS de se ranger derrière ce choix. Et c'est tout à l'honneur de Ségolène de tenter de redonner au peuple une nouvelle confiance, un nouvel espoir, de le replacer au coeur même de la politique.
Ceux qui ne comprennent pas cela, ne comprennent rien. Ceux qui pensent qu'un DSK ou qu'un Fabius aurait fait un meilleur résultat sont des inconscients. Ceux qui portent leur regard sur la gauche de la gauche qui a démontré sur incapacité à s'unir sont des aveugles.
Je ne lirai pas votre bouquin, Asko. Parce qu'honnêtement, les arguments, les "sages" vues politiques de Besson, j'en ai rien à foutre.
Rédigé par: Franade | 19 mars 2007 at 08:30
Homme libre, toujours tu chériras l'amer !
(je comprends rien à ce que j'ai écrit, c'est con mon truc ?)
tiens, y a PMB ;)
Rédigé par: gimik | 19 mars 2007 at 08:33
Merci pour l'exercice de sincérité.
Je redis rapidement ce que j'avais écrit chez Guy. D'abord sur notre "objectivité" à nous, commentateurs et lecteurs de blogs, et citoyens "de base" tout à fait respectables. Selon nos bords et nos tendances politiques, nous trouverons soit que ce bouquin fait honneur à la belle démocratie, soit que ce torchon est bon en empaqueter le poisson du marché. La réalité étant ni dans un cas ni dans l'autre, mais étant tous normalement subjectifs, beaucoup de messages, de commentaires, tournent autour de ces deux excés. Normal, logique.
L'Obs, ton journal, est il excessif aussi dans un cas ou dans l'autre, donc subjectif ? Ou est il objectif ? Ma confiance à l'ame humaine me faisant pencher plutot pour le deuxieme cas...
De plus, journalistiquement, il aurait paru être une faute de laisser Besson sans l'interroger, lui parler. De même qu'à droite, le cas Begag ou Borloo (voire Veil qui n'est pas contente) se posera. De même qu'au centre, Santini a fait la une des médias un petit moment suite à son lachage de Bayrou. Besson est un cas, interressant en plus car l'homme n'est pas idiot.
Te repprocher d'avoir écrit ce bouquin ? En tant que journaliste, ce serait plutot l'inverse qui serait repprochable.
Enfin, sur l'homme Eric Besson, sans avoir lu le bouquin, oui, l'homme est blessé. Son titre montre qu'il en a gros sur la patate. Royal a cette tendance à humilier ses opposants (la petite Nolwenn s'en rappelle), c'est un fait. Visiblement Besson l'a mal pris. C'est une évidence.
Perso, je suis de droite. Donc je devrais me réjouir. Maintenant, je pense modestement qu'il aurait été plus classe, de la part de Besson, de réaliser ces entretiens et son réglage de compte aprés les échéances. La seule réserve que j'ai sur ce livre, et sur Besson, est celle là. Qu'il ait des comptes à régler, trés bien, on est en démocratie, soit. mais le moment est peut être pas top venu.
Mais que Claude Askolovitch soit le co-auteurr de ce bouquin qui sera bien classé dans les ventes de livre FNAC et Express, ça fait plaisir. Et c'est ça faire le boulot de journaliste. Allez vers les gens qui ont quelque chose de pertinent à dire, et pas forcément suivre la meute.
Un journaliste n'est pas un politique, pas un "continuateur" de campagne életorale. Et si Royal se plante "à cause de l'épisode Besson", cela sera sa faute à elle. Surement pas celle du journaliste qui donne la parole à Besson...
Bonne semaine à tous
Rédigé par: falconhill | 19 mars 2007 at 08:33
Bonjour
Je ne suis pas souvent d'accord avec vous. Vraiment pas.
Mais sur ce que vous dites aujourd'hui, je le suis totalement.
Comment faire vivre la démocratie si on tait ses arguments politiques au moment justement (le vote) ou nous devons choisir?
"Traîtres, Judas, Iago,",
vous avez oublié "Hyènes dactylographes" qui ne devrait pas déplaire à ceux qui vous critiquent aujourd"hui.
Zgur
Rédigé par: Zgur | 19 mars 2007 at 08:39
La longue pratique du DEL a dû quelque peu anémier mes neuronnes.
Ca doit être pour ça que je trouve votre billet pertinent et salutaire. L'existence de ce livre est un petit miracle démocratique, un pavé dans la Mafia.
Dire d'un journaliste que c'est un traître sous-entend qu'il appartient à une cause unique, c'est la manifestation chimiquement très pure d'une coalition journalistes/politiques bien ancrée.
Perso, je trouve que le journalisme français manque de traitres...
Rédigé par: Sacha | 19 mars 2007 at 08:48
J'ai lu Claude mais à mon avis tu ne vas pas t'en sortir comme ça avec tes "amis"!
Sacha, ce n'est vraiment pas de traitres dont manque le journalisme Français, crois moi...
Rédigé par: guy birenbaum | 19 mars 2007 at 08:57
Cette polémique qui vous est faites est à mes yeux amusante et synptomatique. On repproche souvent et parfois avec raison le copinage entre les journalistes et les politiques. Certains parfois les mêmes, au nom de la liberté d'expression dénoncent l'hypocrisie des journalistes ... L'information communiquée est une information choisie, le off et le on ...
Rédigé par: Laurent | 19 mars 2007 at 09:25
Claude,
Le jour où votre journal fera sa Une (en période de campagne) sur la manière dont Sarkozy contrôle les médias, sur la manière dont il s'y prend pour interdire la parution de tout livre le dérangeant, le jour enfin où vous publierez de larges extraits du livre du magistrat Serge Portelli (http://www.betapolitique.fr/ruptures/ ), alors ce jour là votre petit discours sur votre indépendance sera peut-être crédible.
Rédigé par: Camille | 19 mars 2007 at 09:40
Qu’apprend-on dans ce livre ? Rien. Le « populisme », et pourquoi pas « le culte de la personnalité », Royal en a entendu de toutes les couleurs depuis son entrée en politique, des vertes et des pas mures. « Arrogante », « sectaire », aussi. J’ai rencontré l’un de ses premiers adversaires, des anciens alliés aussi, à Celles-sur-Belle, à Niort, à Poitiers, et j’ai suffisamment de jugeote pour me dire, qu’à la réflexion, il doit y avoir du vrai là-dedans. En revanche qu’elle est pu faire son trou dans cette région Poitou-Charentes avec un certain succès, qu’elle se soit appuyé très vite sur un réseau d’élus de petites communes, souvent délaissées par les « grandes » villes de la région, tout cela devrait interpeller les analystes. D’autant qu’il y a une constance dans sa façon de faire de la politique et une permanence dans ses idées.
Alors, qu’elle ait pu s’imposer dans le PS, et avec brio, aurait dû donner lieu à plus d’interrogations. Le seul, à mon sens, qui ait tenté de donner une analyse politique objective du « phénomène » c’est Daniel Bernard dans « Madame Royal », avant même qu’elle soit candidate. Mais cette analyse a été faite sans considération de l’état du PS et plus généralement de la gauche socialisante. Royal, c’est en fait la dernière (ultime ?) tentative pour maintenir à flot ce qui a été le courant historique dominant dans le socialisme français, de Jaurès à Jospin, en passant par Blum et Mitterrand, ce compromis habile entre un « ouvriérisme » du dimanche (Guesde, Vaillant… Mollet, Fabius), avec son « orthodoxie » factice par rapport aux grands principes, et une volonté d’imposer une culture gouvernementale à tous prix (Millerand, Briand… Rocard, DSK), quitte à bousculer ces grands principes.
Royal ne sauvera pas le PS en l’état, même si elle gagne. Le point de non-retour est atteint. Pour preuve le succès remporté par Bayrou dans cette « gauche » qui ne veut plus entendre parler de socialisme, et d’autres « vieilles lunes ». Mais la voie à la social-démocratisation du PS ne sera pas « royale ». Les résistances (dont témoigne le succès relatif de Royal) seront très vives.
Si donc, j’avais un reproche à te faire, c’est d’avoir bâcler un livre nécessaire à coups de petites phrases qui noient le poisson et le vrai débat. Mais peut-être que Besson, en digne héritier de Jospin n’est-il pas le mieux placé (au vu du score réalisé par son mentor), pour faire cette analyse.
Rédigé par: Ajamais | 19 mars 2007 at 10:04
L'Obs est un journal de gauche ?
Euh, comme Libé, alors...?
Ouarf, l'avantage de ce mot "gauche" c'est son essentielle relativité.. A gauche de quoi ?
Un ami écrivait l'autre jour avec raison que la seule frontière que l'on puisse raisonnablement déterminer entre droite et gauche est celle du positionnement par rapport au libéralisme economique. Soit on y est soumis (ou résigné), quitte à voulor y pratiquer quelques petits aménagements marginaux, et l'on est de droite, soit on le combat, et l'on est de gauche.
Mesurés à cette aune, l'Obs est un journal de droite modérée, tout comme le parti socialiste est un parti de droite modérée.
Quant à Ségolène Royal elle n'est qu'une arriviste qui ne poursuit dans toute cette histoire que des chimères de pouvoir personnel, comme la quasi-totalité des candidats en lice, toute personne prétendant que Ségolène Royal est "de gauche" ou que son discours se situe en quoi que ce soit dans la lignée d'une pensée de gauche étant soit aveugle, soit malhonnête.
Appelons enfin un chat un chat, les choses apparaîtront plus claires aux yeux de tous.
Rédigé par: Swâmi Petaramesh | 19 mars 2007 at 10:10
Claude,
Rien à redire, le livre de Besson s'inscrit dans une épopée mythique de Madame Royal, dévoilant le personnage qui commence à trainer pas mal de casseroles, pas des classiques, genre abus de bien sociaux, mais un peu exotique
Pour ma part, Besson m'apparaît comme un type qui vient de se libérer d'une secte. Pourrais-tu me confirmer cette intuition, Claude ?
Rédigé par: Fulcanelli | 19 mars 2007 at 10:18
Je voudrais rajouter une chose. Claude, tu participes, peu ou prou, au débat sur l’avenir de la gauche socialiste. En témoigne tes articles et ton blog. En aidant Besson (mais d’autres l’auraient fait) à s’immiscer dans ce débat, sans talent, avec des moyens détestables, en préférant la violence du propos à l’intelligence de l’analyse, tu n’apportes pas grand chose de constructif. En tant que « conseiller », tu aurais dû inciter Besson à plus de mesure, d’autant plus que cette gauche « moderne » qu’il oppose à celle « archaïque » et « passéiste » de Royal s’est effondré en 2002. Un peu d’autocritique n’aura pas été de trop. Peut-être qu’elle aura alors donné plus de crédit à son propos.
Rédigé par: Ajamais | 19 mars 2007 at 10:44
D'accord, comme souvent, avec Ajamais.
Le PS est dans une situation inextricable. Soit il penche à gauche et Bayrou finit à 20% (2007). Soit il penche vers le centre et l'extrême gauche fait 15%(2002). Je le regrette profondément (je passe mes week end à tracter pour ledit PS), mais je ne vois pas la porte de sortie...
Rédigé par: Kmi | 19 mars 2007 at 10:53
Personnellement, à choisir entre Ségolène comme maman ou Besson comme papa (ce pauvre Besson craindrait pour ses enfants si Ségolène était élue...), il ne pourrait y avoir d'alternative : celui qui après avoir écrit un texte anti-sarko pour le PS, s'est empressé d'envoyer une lettre de plates excuses à Sarkozy ; celui qui, manifestement en mal de reconnaissance et après sa démission du PS, s'est trouvé froissé par une phrase de Ségolène ("qui connaît Eric Besson") ; celui qui, amoureux en secret de Ségolène peut-être, attendait d'elle un geste, un signe, un regard : cet être (j'allais dire ce petit garçon) dont la face dévoile toute la frustration intérieure (il s'agit manifestement d'un ambitieux ou d'un amoureux déçu, un être digne de pitié donc), cet être ne peut atteindre qu'au qualificatif de ridicule : tout comme sa dernière démarche, si sournoise, si pleine de traîtrise par rapport à ses engagements passés. Cette conduite lamentable, si emplie de mesquinerie, contraste si fort avec le rayonnement toujours plus manifeste de Ségolène, que cette basse péripétie de campagne se retournera je pense contre son auteur et celui qui serait censé en tirer profit. Car Sarkozy et Besson puisent à la même eau : ce sont êtres petits et revanchards. Et ceci les gens le sentent (Ségolène a entièrement raison de parler d'"intelligence collective des français").
http://antennerelais.canalblog.com/archives/2007/03/16/4326596.html
Rédigé par: antenerelais | 19 mars 2007 at 11:11
Pour que tu sois Judas, il faudrait que Ségolène marche sur les eaux, ou tout au moins que ses mots remuent ses électeurs comme ceux de Jésus-Christ les foules de Palestine. Pour que tu sois Iago, il faudrait que le PS soit le vertueux Othello et Ségolène la frêle et tendre Desdémone. Je pense qu'on en est quand même assez loin.
Moi, je veux bien continuer à te causer... Qui c'est qui te snobe? Je peux jouer les intermédiaires?
--
Poil de lama (a.k.a. Jean-Luc, promo CFJ 1985)
Rédigé par: Poil de lama | 19 mars 2007 at 12:33
Je suis bien sur la ligne zgur: pas souvent d'accord avec les écrits ou les positions de CA, mais là, rien à lui reprocher.
J'aime bien que les commentaires sur ce blog reconnaissent à peu près tous la part d'ombre de Ségo. Bien sûr ça ne la disqualifie pas. Il faut juste bien se demander si ses défauts sont graves, ou pas.
Rédigé par: pulp | 19 mars 2007 at 12:37
"la part d'ombre de Ségo" ?
ça doit être une chieuse, c'est évident. Et les autres ce sont des anges ? (rires)
Rédigé par: Ajamais | 19 mars 2007 at 13:58
Traitre ?
un journaliste, penchant certes à gauche, serait donc un traitre dès lors qu'il sort une info pouvant nuire à une candidate de gauche ?
Le boulot d'un journaliste de gauche serait donc de servir la soupe aux candidats de gauche, sous peine de traitrise ?
Connerie.
Bravo pour votre indépendance d'esprit.
Rédigé par: xolotl | 19 mars 2007 at 17:31
En fait dans la démarche de Mr Besson, c’est l’acharnement qui me gêne ! Ce besoin de détruire, écrabouiller, tuer, pulvériser, exploser ! Cette animosité, cette haine ! Mme Royal justifie t-elle tant de ressentiment ? À ce point ?
J’ai des doutes sur la franchise de Mr Éric Besson … Était il aussi sincère quand il déblatérait sur le président de l’UMP dans son pamphlet « l’inquiétante « rupture tranquille » de Mr Sarkozy ?
Ce type ne sait il que vomir ? éructer ? casser ? baver ? gémir sur lui même ? C’est cela la nouvelle gauche de Rocard, Kouchner et de ce qu’on fait dire à Mendès ? A pleurer !
En ce qui vous concerne, Claude Askolovitch, souvenez vous de ce proverbe chinois : « Celui qui fournit le couteau est aussi coupable que celui qui porte les coups ».
Rédigé par: La brute du 93 | 19 mars 2007 at 18:46
Et encore une victime de la fatwa démocratique, une !
http://www.toreador.fr/2007/03/19/banderille-n%c2%b083-les-faux-debats-de-la-presidentielle-ix-la-fatwa-democratique/
Rédigé par: Toréador | 19 mars 2007 at 19:22
La part d'ombre de Mme Royal, Ajamais ? Mais en voilà :
Entretien avec Alain Hanse
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Q : Pourriez-vous, en quelques mots, nous rappeler l’histoire ?
A la fin d’un cours d’EPS, un enfant turbulent, redoublant de 6ème, chahute dans le vestiaire, frappant des radiateurs pour faire du bruit. Mon frère intervient alors et met l’enfant manu militari en cours de récréation pour faire cesser le chahut. Le cours était terminé et l’élève n’avait plus rien à faire dans le vestiaire. Vexé, de retour chez lui, l’élève invente une histoire : il se dit victime d’attouchements de la part du prof de gym.
A l’époque, Ségolène Royal claironnait partout dans les médias la sacralité de la parole de l’enfant : " Eradiquons la pédophilie de l'Education nationale" disait-elle aussi, tout en truquant grossièrement les statistiques (1).
Chronologiquement, l’affaire a suivi ce battage médiatique de S. Royal, lors de son arrivée en juin 97 au ministère. Tout s’est alors emballé. Les parents de l’élève se sont plaints cinq jours plus tard. Mon frère a aussitôt demandé une confrontation avec les parents pour démystifier les accusations. La réunion était fixée au 10 juin mais les parents n’ont pu se déplacer. A défaut de confrontation, le principal a alors saisi la Justice.
L'élève consigne alors les accusations dans le bureau du principal qui seront faxées par celui-ci au Procureur. Mon frère comprend alors qu’il est socialement mort. Quatre heures plus tard, il s'achète un pistolet, laisse une lettre d'adieu et se tire une balle dans la tête en projetant sa voiture contre un arbre.
Q : Puis c'est la rétractation de l'enfant et sa mise en examen...
Oui, le 8 juillet 97, le Procureur de la République, suite aux auditions des témoins, aux investigations menées et aux mensonges en cascade de l’élève, met le mineur en examen pour dénonciation calomnieuse.
Pour nous, la famille, ses deux filles Céline et Julie, c'était un petit soulagement. Tous les médias s’étaient déplacés et parlaient de la " nouvelle affaire de pédophile dans la Marne ». Le Procureur, clairvoyant, avait tout de suite voulu faire taire les rumeurs, évitant l’amalgame avec des affaires réelles de pédophilie.
Q : C’est dans ce contexte qu’est intervenue Ségolène Royal ?
Oui, de la pire manière, le lendemain même. Outrepassant une élémentaire obligation de réserve et de pudeur dans une affaire dont elle n'était d’ailleurs ni le procureur ni l'avocate de l'enfant, S. Royal déclare à l’antenne et à une heure de grande écoute : "l'affaire n'est pas finie" et précise que "l'enfant s'est peut-être rétracté sous la pression des adultes, sous le poids d'un suicide, les reproches d'avoir parlé..."
Nous venions de perdre notre frère dans des conditions atroces. C'était pour nous un second coup de couteau dans le cœur ! Nous étions stupéfaits. Sans rien connaître du dossier, Ségolène Royal relançait la machine à rumeurs, incitant presque l’élève à revenir sur sa décision de dire la vérité.
Q : Comment avez-vous alors réagi ?
Nous avons adressé le 17 juillet 97 au ministre Royal une lettre ouverte où nous lui demandions de ne plus intervenir dans une affaire aussi délicate et dans laquelle elle ignorait tout.
En réponse, S. Royal nous envoie alors une lettre incroyable, un véritable tissu de mensonges, salissant encore la mémoire de notre frère. Elle y disait notamment que de nombreux autres enfants avaient dû subir les attouchements de notre frère, que d'autres parents se plaignaient de lui, que le frère lui même de l'accusateur en d'autre temps avait eu à subir ses attouchements. Des propos déments, hallucinants. D'ailleurs tous rejetés par l’instruction. Interrogé, le frère en question a dit n’avoir jamais subi un quelconque geste déplacé, si ce n’est un coup de pied aux fesses "mérité" avait-il reconnu dans le dossier d’instruction. Royal tentait de relayer les ragots colportés par la famille accusatrice qui essayait d'inciter le grand frère à témoigner aussi contre Bernard. Lorsqu’un ministre participe ainsi à la curée contre une famille en deuil, je crois qu’abject est un qualificatif bien faible.
Q : Quel regard portez vous sur la circulaire Alègre/Royal sur les violences sexuelles arrivée juste après l'affaire Montmirail ?
Cette circulaire a surtout blindé l'administration a posteriori dans le procès qui a suivi. Dès le départ nous avions dénoncé les disfonctionnements de l'administration que nous nous réservions le droit par la suite d'attaquer. Nous avions démontré à l’époque que la circulaire en vigueur dite "Bayrou" n’avait pas été respectée. Celle-ci ne prévoyait en effet de saisir la Justice qu’en cas de maltraitance manifeste. En revanche, s’il y avait des doutes, une enquête préalable était nécessaire (infirmière, assistante sociale, inspecteur…).
Dans l'affaire, il n'y a pas eu de maltraitance : tous les témoins ont confirmé que l'élève avait été sorti sans violence. Les confidences de l’élève réputé fabulateur ont été directement faxées au Procureur sans la moindre enquête préalable ! Il n'y a pas eu non plus confrontation.
Curieusement, la circulaire Royal est sortie un mois après l’affaire (4 septembre 1997). Elle reprenait d’ailleurs point par point ce qu’il s’était passé à Montmirail. Elle précise ainsi :" dès qu'un élève a confié à un membre de l'Education nationale des faits dont il affirme avoir été victime, il appartient à ce fonctionnaire d'aviser immédiatement et directement le procureur de la République, sous la forme écrite et transmise, si besoin est, par télécopie". Elle préconise aussi une suspension de l'enseignant pour préserver l'enquête (je dirais surtout bien alimenter la rumeur). Pensant que la circulaire était dangereuse dans son application, nous avions alerté les syndicats enseignants, en vain. Nous avions aussi et sans résultat également combattu la circulaire en Conseil d’Etat. Le balancier n’était pas alors en notre faveur. Au regard des errements actuels de la Justice, le regard va peut être changer aujourd'hui.
C'est bien Ségolène Royal qui a initié cette chasse aux sorcières aveugle.
Q : Ségolène Royal vous a-t-elle contacté personnellement, vous ou l’un des membres de votre famille, autrement que par courrier ?
Nous avions sollicité d’elle un rendez-vous en septembre 97. Nous souhaitions lui expliquer par les lettres des enfants effondrés et les nombreux témoignages d'anciens élèves et professeurs qui était réellement Bernard Hanse, ce fonctionnaire dont elle avait la charge. Ce rendez vous nous a été accordé au siège du ministère de l'Education nationale.
En arrivant, nous avons d’abord été prévenu que Mme Royal ne nous recevrait pas car des journalistes de France 3 - prévenus on ne sait comment - étaient sur le trottoir devant le siège du ministère. Cela indisposait notre ministre.
Nous avons alors été reçus par M. Hayat, son chef de cabinet et (ancien juge). Celui-ci nous a clairement fait comprendre qu’entre un enfant victime et un adulte accusé même à tort il n'y avait pas photo. Et si 1 enfant peut être préservé au prix de 9 enseignants accusés à tort, l'objectif est rempli ! Une bien étrange conception de la Justice que celle qui place la parole de l'enfant au dessus de la présomption d'innocence ! Il nous a ensuite tenu des propos délirants sur la pédophilie.
Q : Lorsque la reconnaissance par la justice de l’innocence de votre frère a été établie, Ségolène Royal a-t-elle reconnu s'être trompée ?
Jamais. Nous avions tenu à lui envoyer une lettre, lui expliquant que l’affaire était finie et lui rappelant aussi ses propos : "l'affaire n'est pas finie". Nous n'avons eu aucune réponse !
Q : Pour vous Ségolène Royal a menti à plusieurs reprises. Quels ont été ces mensonges ?
Elle a dérapé plusieurs fois et de façon scandaleuse. Elle a mis d’abord en doute publiquement et par voie de presse la justesse de la mise en examen du mineur pour dénonciation calomnieuse. Second dérapage : elle nous rapporte, un mois après le suicide de notre frère que celui-ci avait eu des attouchements sur le grand frère et de nombreux autres enfants. Autant d’accusations démontrées fausses et calomnieuses par l'instruction. S. Royal ment encore dans l’Evénement du Jeudi, disant n'avoir jamais reçu notre première lettre du 18 juin 97 refaxée le 19 (aux deux ministres Alègre et Royal).
Ce sujet est toujours très douloureux à évoquer pour notre famille. Suite à une question orale à l'Assemblée, le ministre délégué aux affaires scolaires Xavier Darcos réhabilite officiellement Bernard (4 mars 2003). S. Royal l'instigatrice de cette chasse aux sorcières a tenté jusqu'au bout de faire basculer l’histoire dans une affaire de pédophilie. Nous nous sommes défendus avec acharnement et avons eu la chance d'avoir un Procureur à la hauteur. Dans cette chasse aux sorcières aveugle, la raison l'a finalement emporté, contrairement à l'affaire d’Outreau...
Rédigé par: D | 19 mars 2007 at 19:46