Si c'était un match de boxe, elle l'aurait dominé physiquement, quelque chose de palpable, elle aurait donné plus de coups, même dans un style brouillon et désordonné, et lui aurait subi la furia, adossé aux cordes et les poings levés...
Mais ce n'était pas un match de boxe, et, hier soir, tout était voulu. Lui a choisi d'encaisser délibrément, soucieux avant tout de ne pas donner prise aux attaques répétées sur sa brutalité, son arrogance, sa méchanceté, son mépris, etc... Sil ne la regardait pas, c'était pour s'éviter le coup d'adrénaline de trop, qui aurait réveillé Sarko le terrible, le sarkofacho de la propagande d'en face. Il a joué son jeu en demi-teinte, et a rempli son contrat, son vérotable objectif -quitte à être en-dedans...
Elle, en revanche, jouait deux parties. Installer sa légitimité en adversaire de la droite, dissiper pour toujours l'illégitimité qu'on lui collait depuis le depuis le début de son aventure. Et en finir avec le soupçon d'incompétence et d'imprécision qui ruinait sa présidentiabilité. Elle aussi a accompli sa mission... Mais à moitié.
Question pugnacité, et relever le gant, elle l'a fait. Elle a tenu face à Sarkozy, et qu'importe si le Sarko jouait en défense: Ségolène Royal, définitivement, est la chef de la gauche -et, si l'UMPiste reste favori pour dimanche, les socialistes vont devoir s'habituer à la présence durable de Ségo-la-tueuse (sauf si dimanche est apocalyptique, mais pourquoi le serait-il?)
Question compétences, adéquation et présidentiabilité technique, le pari Royal n'est pas gagné. Le recours systématique au dialogue des partenaires sociaux finit par ressembler à un procédé plus qu'à une rénovation roborative de nos pratiques -et est contradictoire avec la franche détestation du Medef affichée par la candidate! Le flou sur la taxe à la Tobin sur les bénéfices financiers était étrange, et problématique cette volonté de tout dire en une réplique, et d'aligner des phrases-slogans face aux slogans sarkozystes... Si c'était un quizz de compétences, elle aurait été bonne en société et lui meilleur en économie. Et tous deux se sont égarés dans notre bilan énergétique -lui miniisant, à 50% la part du nucléaire dans notre électricité (environ 80%), elle confondant cette part du nucléaire dans notre électricité, avec la part nucléaire de notre consommation énergétique globale (17%).
Mais passons. Ce qui, pour moi, reste de ce débat, et me perturbe au plus haut point, c'est cette séquence née de la scolarisation des enfants handicapés... On peut la lire comme la preuve de la pugncité de Ségolène Royal, et c'est juste. Elle peut la vendre comme l'expression de sa sincérité sans apprêt, et c'est presque rafraichissant... Mais il y a autre chose.
L'étrangeté de Ségolène Royal, c'est qu'elle ait été prise pour faible et douce quant elle est ni l'un ni l'autre. Sa féminité la renvoie plus à la mère défendant ses petits toutes griffes dehors, tous les coups étant alors permis, qu'à la douceur inventée par les doux machistes... Ségolène n'est pas douce. Elle est dure. Une chef, et les éléphants socialistes n'ont pas fini de l'apprendre... Mais cette chef, quand elle se lâche, utilise des méthodes, qui, reprises par d'autres, feraient hurler. Ainsi, l'utilisation, dès l'entame, du calvaire de cette policière violée à Bobigny- instrumentalisatin de la douleur et du crime que seul, croyait-on, les immondes le Pen ou Sarkozy osaient pratiquer... Apparemment non.
Mais revenons à la séquence cruciale. Nicolas Sarkozy, le sourie du bon élève, achève une démonstration sur le droit opposable qu'il veut offrir aux parents d'enfants handicapés en mal de scolarisation. Il parle de politique moderne. Il est onctueux. Trop onctueux d'ailleurs... Et elle, alors, explose, froidement, puis moins froidement. "Immoralité politique", dit-elle, et elle accuse la droite d'avoir détruit l'intégration des enfants handicapés, et elle pointe du doigt, et du verbe, et martèle encore et encore, et convaincue de son droit, ou en pleine colère feinte ou surjouée, se montre incapable d'arrêter elle-même la séquence. Immoralité, larme à l'oeil, lance-t-elle, et ses yeux fusillent, et rien ni personne ne semble pouvoir l'arrêter...
Premier problème. Ce qu'exprime ségolène Royal est, au moins, discutable. La droite a voté, en 2005, une loi portant notamment sur l'intégration des enfants handicapés à l'école. Les principes d'une scolarisation en milieu "normal" sont partagés par tous, et le dispositif handiscol inventé par la gauche n'a pas été rayé de la carte. Que les gouvernements Villepin et Raffarin n'aient pas forcément été à la hauteur, on peut en discuter. Mais, d'un premier abord, la situation n'est pas si nette qu'elle justifierait une telle éruption.
Second problème. Cette colère, chez Ségolène Royal, tient lieu de système. Il faut bien analyser la séquence. La candidate ne contredit pas. Elle anathémise. Le choix des mots, le choix de la thématique -la morale- ne relève pas du politique, mais du religieux. Elle ne dit pas que la droite est incompétente, mais que Sarkozy est immoral. On n'est plus, soudain, dans un face-à-face politique, mais dans une philippique inquisitoriale. Le contradicteur n'en est plus un, il n'est plus un adversaire, même pas un ennemi, mais le mal. Le Mal. "Immoral", disait-elle, et ce n'était plus un débat, mais la lutte de la dame du Bien contre l'antéchrist...
Ce serait la première fois -et après tout, c'est Sarkozy les gars, hein?- on passerait. Mais cette propension à passer du débat rationnel à l'excommunication est récurrente. Lors de la campagne interne, à peine menacée par ses concurrents, Ségolène Royal les renvoyait à l'enfer du machisme assassin, se proclamant soudain candidate des femmes battues, violées, excisées... Comme si fabius ou Strauss, ces vieux mâles, avaient le couteau à la main... Contestée sur ses jurys citoyens, elle envoyait à la figure des contradicteurs le jour du diable, le 21 avril... En désaccord avec elle, on n'avait pas tort: on était dans la fabrication du pire, dans la construction de l'inommable.
Il faut bien réfléchir, sur ce que signifie cette attitude, et ce qu'elle a d'inédit. La politique n'a jamais été affaire de gentilles dames et de beaux messieurs. Ele est, aussi, affaire de tueurs. Le brutal Nicolas Sarkozy (quand il ne se tient pas...), ainsi, est quintessential de cette politique classique. Il tue ses adversaires, les cogne, les considère comme des idiots, les méprise ou le sterrifie ou les menace, façon petite frappe s'il le faut -ainsi, les chiraquiens avant 95, ou aujourd'hui ces élus UDF invités à se sarkozyfier sous peine de perdre leur circonscription... Ce comportement façon capo de la mafia, d'autres, à gauche ou à droite le pratiquent (Deferre jadis à Marseille, ou les tenants de l'appareil du PS, ou Chirac)... Mais cogner l'adversaire, même violemment, ne signifie pas qu'il soit le Mal. Il est l'adversaire, et cela suffit.
Avec Ségolène Royal, c'est autre chose. On ne cogne pas. On se donne des raisons de détruire, non plus pragmatiques, mais éthiques. On invite à tuer, parce que c'est juste. On invite au lynchage. Lynchage moral, verbal, politique... Lynchage de celui qui est le mal, puisqu'il refuse d'être avec la dame du Bien... Les adversaires de Royal au PS, et jusqu'à son compagnon, accusé à voix haute par les katangais de la candidate de la saboter, subissent, les uns après les autres, ces procès publics en déni de moralité...
Ca ne retire rien à la profonde compréhension des banlieues dont fait preuve la candidate socialiste, à sa réelle intelligence du sort des femmes (les femmes voilées, notamment), à ses intuitions justes, à sa problématique du besoin d'ordre de la société... Elle est, sans nul doute, un personnage majeur, et non sans raisons, de notre paysage politique, et pour longtemps. Elle va, au surplus, prospérer sur le rejet des élites, l'exigence du leurre de la transparence, l'envie de gentillesse manichéenne... Mais ce sont les gentils qui lynchent, au nom du Bien.
Honnêtement, vu de gauche, c'est troublant.
Très troublant.
PS. Ayant reçu, comme beaucoup de journalistes, un courriel de Jean-Marc Jancovici, spécialiste français de l'environnement et de l'énergie, auteur d'un roboratif "le plein s'il vous plait" sur la fin du pétrole, et co-auteur du pacte écologique de Nicolas Hulot, je mets en ligne ce document, rétablissant quelques vérités oubliées hier par nos deux président(e)s...
ET si c'était un match de foot, Sarko vainqueur 1-0 à l'aller est allé faire un bon match nul à l'extérieur.
On sent la patte tactique de Thierry Rolland, non ??
Rédigé par: François | 03 mai 2007 à 12:23
Très troublant? vous voulez dire carrément inquiétant, complètement flippant??
On est mal payé mais qu'est ce qu'on rigole en France. Vite, un lexomil!! (hors sécurité sociale, rapport au trou)
Rédigé par: pascale | 03 mai 2007 à 13:00
"vu de gauche, c'est troublant."
C'est une blague? vu de gauche? La gauche qui va faire son footing avec sarko alors....
Parceque vu de gauche vraiment on a un peu d'habitude des gens qui sont en colere et qui sont revoltés par la politique de ce gouvernement et pas les projets de sarko.
Hausser le ton dans un débat, ce n'est pas la meme chose que de hausser le ton et s'en prendre a des journalistes parcequ'on est pas content de l'accueil ou de l'avis des journalistes, ce n'est pas la meme chose que d'appeller Rotchild pour un article de libe, ou de faire virer genestar, ce n'est pas la meme chose que fait pression sur ses amis pour etouffer financierement un hebdo comme marianne.
Mais bien sur une femme qui s'enerve c'est de la mechanceté et un homme qui s'enerve c'est de l'autorité.
Rédigé par: thc2 | 03 mai 2007 à 13:15
Bonjour,
D'abord Claude, merci pour le document de M. Jancovici. Trés interressant, et pertinentes questions je trouve... Merci.
Sur le fond de votre article, rien à redire. Troublant c'est un terme malin. Perso, j'attendais le moment où elle "jouerait" la colère, je l'attendais. Je trouve que c'était malhabile et maladroit de le faire à ce moment là.
Et un peu pareil que Pascale au final. J'avoue qu'à l'issue du débat, je me demandais vraiment qui était le véritable "danger pour le France et la République", agité par certains.
@François : excellent !
@thc2 : Donc on ne peut pas dire que sa colère était troublant, voire ridicule et malhonnete, "parce que c'est une femme" ? (cf le dernier paragraphe).
Et donc on ne peut pas critiquer Royal sans se faire taxer de "mec de gauche qui fait son jogging avec Sarko", et sans se faire rappeler les vilainies de Sarkozy. Auquel cas, on pourrait rappeler les autres vilainies de Royal (action au prudhomme contre elle, lapins aux journalistes qu'elle n'aime pas, attaché de presse qui écrit sur elle, etc...), mais ça ne serait pas bien pertinent, et ne ferait pas avancer le débat.
Notons tout de même cette incroyable tolérance qui considère qu'on ne peut être "troublé" par cette colère un peu beaucoup indescente. Soit...
Sinon, au final, malaise j'ai eu pendant tout le débat. Tension (limite haineuse) palpable presque physiquement. Rien à voir avec mon premier débat, le mou Jospin-Chirac.
Question pour mes ainés : l'ambiance était elle la même au débat 74', 81' et 88' ? Je pose la question car je n'ai pas ce recul. Et parce que j'avoue, j'ai pas bien vécu cette tension pendant le débat. J'ai pas aimé...
Rédigé par: falconhill | 03 mai 2007 à 13:27
Et donc il a le droit de douter de l'honneteté et de la sincerité de la colere de segolene. Par contre si je doute de la sincerité d'askolovitch, je suis intolerent. Et poser des lapins aux journalistes qu'on aime pas c'est une chose, faire pression pour les faire virer c'est autre chose. Mais on doit pas etre au second tour d'une election presidentielles qui oppose deux candidats puisqu'a chaque fois qu'on les compare on me dit que ce n'est pas le sujet...ah bon?
Rédigé par: thc2 | 03 mai 2007 à 13:37
Ok avec François. Le 0-0 était voulu et bien joué. Sarko a "aspiré" Royal qui a fait quand même pas mal de fautes, notamment dans les temps faibles, où l'autre faisait trop bien tourner le ballon. Et il a parfois fait trembler le gardien (assumer ou pas les propos de Hollande?).
La colère de Royal, je suis désolé, n'est pas la trace d'une féminité pugnace ou autre chose dans le genre. C'était totalement pré-calculé, histoire de créer un "moment fort", même si c'était habile. Car on ne lâche pas l'accusation d'immoralité comme cela, parce qu'on s'emporte (surtout dans cette campagne où ce thème s'est balladé de la gare du Nord à mai 68, ce à quoi Royal n'a finalement fait que répondre).
De l'autre côté, un Sarko qui lutte contre lui-même, c'est vrai, conscient que le jeu oratoire à la nantaise est souvent trop téléphoné, spécialement quand le match se durcit. Le bougre a gardé son calme et était plutôt convaincant dans l'exercice. C'est peut-être hier soir qu'il a voulu dire "j'ai changé" aux français. Trop tard?
Je vais mettre mon short, j'ai jogging à Neuilly. Une heure de colle pour "Propos sarkozystes sous couvert d'effort d'analyse objective".
Rédigé par: Dédé La Mine | 03 mai 2007 à 13:41
Un petit article sympa à propos de notre guide supreme
Communiqué 01-05-2007
[2007/8] Internet et Libertés : le rapport censuré qui met Sarkozy à l’amende
http://www.odebi.org/new2/?p=274
Encore de vilains gauchistes sans doute aussi mechants et agressifs que segolene royal
Rédigé par: thc2 | 03 mai 2007 à 13:49
@thc2 : en colère ? (visiblement oui).
Donc résumons calmement en respirant bien, sans forcément tout mélanger.
On part de la colère de Royal qui "trouble". De là, vous accusez Asko, qui est troublé, de faire du "jogging avec Sarkozy". Puis, aprés avoir rappelé les vilainies de Sarkozy sur les journalistes (quel rapport ?), vous terminez avec l'argument massue "mais vous dites ça parce que c'est une femme".
On a le droit de dire que c'est un peu n'importe quoi de tout mélanger, et qu'on a le droit, comme Dédé La Mine (qui ira faire sa khôle de Sarkozysme ambiant, à l'échaffaud misérable ^__^), de penser que la colère de Royal était une merveilleuse mise en scène un peu indéscente et intolérante ? On a le droit de penser ça ?
Que vous pensiez que Askolovitch est de mauvaise foi, soit. Mais c'était pas ce que vous disiez à 13h15.
Si je peux terminer, votre manière de faire ouvertement campagne (c'est votre droit), non pas en balançant des rapports censurés (quel rapport mais pourquoi pas ?) contre un candidat, mais en vous offusquant de "misogynie" quand on critique Royal, c'est peut être pas la manière la plus efficace.
Mais on peut être énervé quand les critiques, justifiées (comme ici par Asko) ou moins, touchent un peu les choses qu'on aime. Juste essayer de garder calme, raison, et de ne pas tout mélanger en voulant aller trop vite dans la défense absolue...
Rédigé par: falconhill | 03 mai 2007 à 14:04
"Mais ce sont les gentils qui lynchent, au nom du Bien"
Cette phrase résume bien ce mépris typique de la Gauche, persuadée d'être du côté du Bien et d'avoir l'ascendant moral. En cela, Ségolène n'a pas été très différente d'un Mitterrand face à Chirac. Mais, contrairement à vous, je n'ai pas été troublé : j'y ai juste vu le recours à une posture classique à gauche, d'ailleurs très pratiquée par les ségolatres de la blogosphère.
Rédigé par: Tocquevil | 03 mai 2007 à 14:10
Cher claude
Pour commencer mon analyse, j'ai utilisé un parabole footballistique qui devrait vous plaîre :
"Ce débat m’a fait pensé à un match retour de ligue des champions dont le match aller avait été gagné par trois buts d’écart. Le favori, en l’occurrence Sarko, a joué en défense, prudemment, en tachant surtout d’éviter les cartons et les blessures. Le Challenger, qui ne pensait pas pouvoir remonter ses trois buts d’écarts, a lui aussi joué en défense afin d’éviter l’humiliation d’une défaite à domicile. Il a cherché à jouer proprement, avec un jeu appliqué, solide, rigoureux, et de placer quand c’était possible quelques contres.
De ce point de vue, l’exercice a été une réussite pour les deux. Sarkozy n’a subit ni cartons ni blessures. Lui, à qui l’on proche souvent son jeu physique et pas très esthétique à montré parfois quelques jolis séquences de jeu. Ségolène Royal a montré une rigueur dans l’organisation qui lui avait tellement fait défaut au match aller. Au final, le match fût assez terne, peu spectaculaire, sans but, les deux équipes jouant essentiellement dans leur propre moitié de terrain sans prendre de risques. C’était un petit match opposant deux équipes moyennes et peu motivées."
Je vous rejoins ensuite, sur le féminisme obsessionnel très inquiétant de la dame, mais il n'y a rien de nouveau. C'est sa marque de fabrique depuis l'origine.
http://horizons.typepad.fr/accueil/2007/05/sgolne_royal_ou.html#more
Rédigé par: Malakine | 03 mai 2007 à 14:12
J'évoquais en commentaire du billet précédent la contre-argumentation des socialistes basée systématiquement sur le procès d'intention (et non le combat argument contre argument), Monsieur Asko va plus loin en parlant d'anathème.
Dans le cas de Royal, c'est exactement ça.
Elle rajoute au "délit de pensée" une dimension religieuse à travers la morale.
Perso, je trouve ça assez flippant comme idéologie pour diriger un pays: l'excommunication pour tous les contradicteurs au nom du Bien et de l'ordre juste.
"Troublant".
Ce ne serait pas plutôt "terrifiant" cette façon de concevoir l'altérité à travers un prisme qui combine l'Inquisition et le Stalinisme?
Pour sûr, c'est assez novateur comme personnalité politique. Mais de là à ce que ce soit rassurant.
Ce n'est pas "pugnace" l'adjectif qui lui convient le mieux, c'est "fanatique"...
Rédigé par: Sacha | 03 mai 2007 à 14:43
Falconhill, cessez de faire campagne pour Sarkozy sur ce blog, merci.
Si vous n'avez rien d'autre à faire que de défendre votre champion de la manipulation sans aucune objectivité, vous dégagez.
Cela donnera de l'air à tout le monde.
Rédigé par: Darden | 03 mai 2007 à 14:57
Aïe! Rien à redire face à l'argumentaire imparable de Darden!
Falconhill, je vous prête une paire de baskets?
Si seulement les militants comprenaient que le but n'est pas de faire de la propagande, où chaque post est fait d'arrière-pensées manipulatrices, mais de prendre du recul sur ce qu'on nous propose, en apportant un peu de nuance aux incantations enflammées (et bien peu crédibles) de chaque camp...
Bref, préférons les poinçonneurs aux étiquetteurs (je vais remporter un Bouvard d'or 2007 pour ce jeu de mots?).
Rédigé par: Dédé La Mine | 03 mai 2007 à 15:13
@Darden : figurez vous que j'allais vous demander votre avis... (vous êtes qui sinon, vous ?)
En tous cas Dédé, le problème du deuxieme tour est ce manichéisme qui rend un peu bête certaines personnes. Je critique Royal (à juste titre je pense), bang : je fais campagne pour Sarkozy ouvertement.
Enfin, il a raison, faut un peu que je sorte, ca me donnera un peu d'air aussi ^___^ (vivement qu'elle se finisse cette campagne, l'intolérance maladive des Dardens et autre, bouh c'est dur... Vive un monde d'amour et de paix, amen ^^)
PS : ah Dédé, on fait la guerre aux étiquetteurs, ça fait plaisir. Pour le Bouvard d'Or, ca semble compromis, mais pour une franche poignée de main virtuelle de ma part, c'est envisageable ^____^
Rédigé par: falconhill | 03 mai 2007 à 15:50
Asko, je suis de droite et hétéro, mais put', parfois, vous et vos analyses, je vous aime.
(et non, ce n'est pas la technique du "baiser qui tue" : je vous sais de gauche et bien là où vous êtes)
Rédigé par: koz | 03 mai 2007 à 16:46
Tout à fait d'accord dans les grandes lignes. Mais une imprécision tout de même : pourquoi dîtes-vous que Ségolène tient un discours de type religieux lorsqu'elle parle de morale ? Platon et plus encore Aristote n'ont-il pas écrit des traités entiers de morale ? Et ils ne se plaçaient pas d'abord en le faisant d'un point de vue religieux...
Merci pour vos articles très intéressants !
Rédigé par: Phil | 03 mai 2007 à 16:54
http://minilien.com/?VUGY7IUdHu
FCPE: "oui, la scolarisation des enfants handicapés est insuffisante !"
La principale fédération de parents d'élèves, la FCPE, a affirmé jeudi que "oui, la scolarisation des enfants handicapés est insuffisante", à la suite du vif accrochage sur la question qui a opposé mercredi les deux prétendants à l'Elysée lors du débat de l'entre-deux-tours.
Assurant dans un communiqué "désapprouver le principe d'un droit opposable" à scolariser son enfant handicapé proposé par Nicolas Sarkozy, la fédération a expliqué que "les familles n'ont pas le temps d'attendre que les tribunaux jugent après plusieurs années de leur droit à scolariser leurs enfants en milieu ordinaire"
Elle a critiqué "le manque de moyens accordés pour une bonne application" de la loi du 11 février 2005 qui fait obligation aux établissements scolaires d'accueillir les enfants handicapés et a demandé "le recrutement d'auxiliaires de vie scolaire formés et en nombre suffisant".
Pour la FCPE en outre, il faut procéder à "la formation des enseignants qui accueillent les enfants en situation de handicap".
Rappelant que "depuis cinq ans la suppression de milliers de postes notamment d'emplois-jeunes qui étaient affectés à l'accueil" des handicapés n'a pas été "comblée" par le recrutement des auxiliaires de vie scolaire, elle a souhaité que le prochain président ou la prochaine présidente de la République "conforte l'engagement de la nation en matière de scolarisation des enfants handicapés".
Rédigé par: amnesiac | 03 mai 2007 à 17:10
PPDA dés le début de l’émission : Madame Royal parlez nous des institutions
SR : Je prends le changement de question et je parle du bilan du gouvernement.
PPDA : Madame Royal quelle est votre position sur les 35 H ?
SR : Je fais appel au public les partenaires sociaux.
PPDA : Madame Royal quelle est votre position sur l’entrée de la Turquie dans la CEE
SR : Je prends le 50/50 : Aujourd’hui je suis contre mais demain je peux y être favorable.
PPDA : Madame Royal ou prendrez l’argent pour financer les emplois publics ?
SR : Je fais appel à un ami.
Allo : ….. Zut au PS personne ne me répond.
Fin de l’émission :
PPDA : J’appelle un fonctionnaire pour vous raccompagner...
PPDA : Désolé Madame Royale, il y a 2 h d’attente.
SR : C’est insensé, mais c’est quoi ça, y a personne ou quoi
PPDA : Calmez vous Madame Royale. On va venir vous chercher
SR : Mais monsieur PPDA, c’est une colère saine, me faire attendre c’est immoral. Mais où sont-ils tous ces chauffeurs.
PPDA : Ils raccompagnent à leur domicile et amènent à leur travail les policières, les infirmières, les cheminotes , etc….Ca en fait du monde madame Royal.
Rédigé par: lolo | 03 mai 2007 à 17:31
Pour information : c'est la loi du 11 février 2005 qui a prévu l'inscription de droit des enfants handicapés dans l'école de leur quartier. Cette loi est la 1ère grande loi sur le handicap aprés celle de 1995. Toutes les assoiciations en ont salué les avancées. Mme Royal et le PS ont voté contre cette loi.
Le nombre d'enfants handicapés scolarisés dans les écoles est passé de 89 000 à 160 000 entre 2002 et la rentrée 2006.
Le nombre d'auxiliaires de vie scolaire (remplacement des emplois jeunes de Mme Royal) qui accompagnent les enfants handicapés à l'école et passé de 4 700 à,8 388 soit une augmentation de 80 %. Il y a encore beaucoup d'effort à faire mais ...
Rédigé par: lolo | 03 mai 2007 à 17:33
@ Phil:
Mme Royal cultive l'imagerie et le vocabulaire religieux avec un certain brio il faut le dire.
Sur l'imagerie: le vêtement blanc, quasi virginal, pour celle qui veut faire croire qu'elle est une débutante en politique comme d'autres ont voulu faire croire qu'elles avaient été engrossées par l'esprit sain. Imagerie toujours: Désirs d'Avenir, l'association au statut de parti politique, fait figurer celles que les media appellaient pendant la campagne interne la "madone", dans un ciel azuréen, rayonnant au milieu de nuages d'une parfaite blancheur.
- le vocabulaire: "je suis habitée", j"incarne", "je suis celle qui vous dit..." , "j'accepte cette mission", "ensemble nous gravirons la montagne", "je sens cette ferveur" et l'apothéose "aimez vous les uns les autres"
Dès lors, tout ne peut que ce situer sur le terrain du religieux, du fidèle et du mécréant, du moral et de l'immoral...
Rédigé par: Mathilde P. | 03 mai 2007 à 17:46
Vraiment bon billet.
J'aurais eu tendance à dire , sur ce coup là , comme le note plus haut tocquevil qu'il s'agit de " ce mépris typique de la Gauche, persuadée d'être du côté du Bien et d'avoir l'ascendant moral. En cela, Ségolène n'a pas été très différente d'un Mitterrand face à Chirac "
Mais d'habitude la légitimité de ce mépris découle d'un minimum de raisonnement et d'observation ou bien d'une morale laïque et rationnelle, basée sur le sens de l' histoire.Là on va bien au delà.
Car cette légitimité procède d'un religieux qui ne discute pas et donc n'a pas à s'argumenter. Cela est, comme la foi.
Son sectarisme transcendantal col mao se mélange, de façon surréaliste, à un désir de fusion et d'empathie sans exclusive, de l'ordre du religieux.
Surréaliste mais aussi figure connu !
Et comme vous le notez , cette Rosbespierre à juppe plissée, flanquée de son être suprême, n'en est pas à son coup d'essai .
Reste que c'est elle qui dépouille la gauche de ces derniers oripeaux idéologiques !
Etonnant non ?
Rédigé par: Oppossum | 03 mai 2007 à 18:06
Sacré Asko, vous seriez bien capable avec votre culte de la raison adulte et votre définition de la politique [vs les cauchemars des petits z'enfants qui croient au grand méchant SarkoLoup, BOUH !T'as eu peur ; mais, quel idiot ! ] de nous faire croire que le bien et le mal ne sont pas — en vérité — et depuis toujours, au centre du Politique...
Mais au fait, petite question, j'ai pas bien compris : au nom de quoi, un argument ne devrait-il pas être d'ordre éthique/moral ?
Rédigé par: stubborn | 03 mai 2007 à 18:12
Marrant Claude Allègre sur RTL aujourd'hui à 18h concernant le plan Handicap
à écouter
Rédigé par: MOUTON NOIR | 03 mai 2007 à 19:15
Bonsoir monsieur;
Je suis Auxiliaire de Vie Scolaire et tiens à préciser que j'ai été recrutée par l'Inspection Académique en Septembre 2004 au temps du ministre Ferry.
J'ai été choquée d'entendre Mme Royal affirmer rageusement que le plan Handiscol avait été abandonné.
Au contraire, il a été poursuivi et mon embauche en est la preuve.
Rédigé par: Mélissa | 03 mai 2007 à 19:36
@Koz
Asko, je suis de droite et hétéro, mais put', parfois, vous et vos analyses, je vous aime.
Dussé-je en déduire que Claude Asko est de gauche et gay ?! ;)
Rédigé par: stubborn | 03 mai 2007 à 19:37