Se regarder dans le miroir de Charléty et se trouver beau, du bon côté de la fracture esthétique, de la frature artistique, et quel pied d'être de gauche, tant Noah est plus chouette que Johnny et Grand corps malade plus classieux que Bigard! C'est comme ça qu'ils me le racontent, mes potes de gauche et mes copains qui triment avec la candidate, ou qui la regardent et votent pour elle, et ils ajoutent en prime le tremblement qui les a pris en entendant les échos de Bercy, tant cette droite était dure et déconcertante, violente aux chastes oreilles progressistes.
Et alors, les poteaux? Et ça change quoi, tout cela? On est fier d'être ce que nous sommes, et, dernier sondage ipsos, Sarkozy est à 53,5? La belle séquence Bayrou lui a fait prendre un point, on l'avait appréhendé, dans notre bulle rose? Et l'on croit vraiment que la fiesta d'hier soir va changer la donne? Et l'on croit vraiment qu'en méprisant le goût vulgaire du populo de Sarko, on va le récupérer? Et On pense vraiment qu'en entrant dans la danse piégeuse de l'adversaire, on va le réduire? On se fait plaisir, en somme, ou de la politique?
Exemple un. Sarkozy fait du réac identitaire en fustigeant l'esprit de 68. Oh, fi donc, quelle horreur! fait la gauche, oubliant que tous les jeunes profs, dans les quartiers difficiles et même ailleurs, ne réclament que le rétablissement de leur autorité, et que Ségolène Royal elle-même, dans son ascension, portant dans sa besace valeurs familiales et réinvention de l'autorité, permettait au PS d'entamer sa propre contre-révoution... Mais qu'importe. L'UMPiste agite sa muleta, et le taurose furieux fonce, et se rengorge de barricades dont on se fout, et de slogans itou, et voilà notre Ségo 68tarde, plogée dans un débat de brindezingue que l'autre, manifestement, a provoqué!
Hier encore, Le Pen, bien fâché, appelle les siens à s'abstenir... Au lieu d'en prendre acte, simplement, et de passer à autre chose, un porte-parole de Ségolène Royal (le plus brillant, Vincent Peillon, qui portera un avenir de la gauche -notamment pour sa réflexion sur les sources de notre socialisme) ne peut s'empêcher de rappeller que Sarkozy a dit les moutons, et l'identité.... bref, le socialiste, pas fichu de se défaire du subliminal sarko-facho, annule l'effet de la fatwa de Le Pen, et rappelle aux électeurs du Front que le candidat de droite leur sera heureux... Tout ça pour payer son obole au poliquement correct -même pas, au discours automatique...
On arrête les folies ou non? Oh, les camarades, arrêtons de nous faire plaisir? Arrêtez de jouer!
Le vrai défaut de la gauche, fondamentalement, c'est le déni de sa réalité, la griserie de son propre discours, et son besoin de réassurance. La gauche passe son temps à s'inventer des chansons pour oublier ses malheurs ou ses fautes. En 2002, les manifs maousses de l'entre-deux-tour permirent à une gauche grisée de la rue d'oublier, d'effacer, d'occulter son 21 avril, de masquer derrière l'antifascisme de pacotille la très réelle et très pathétique désadéquation de la social-démocratie. Cette année, à l'instant où j'écris, les flonflons de Charléty et les accordéons du Sarkofacho (ou du sarkodespatrons et sarkodesmédia) font oublier que cette campagne est passée à côté de l'opinion. On se fait plaisir, on se regarde beaux, on constate que l'autre est mauvais, et plein de satisfactions identitaires, on laisse le peuple voter pour l'autre? Ou pire, on croit que nos petits bonheurs narcissiques sont audibles au-delà de nos gentils salons?
Depuis des mois, à force de sujets de diversion, de discours bisounoursiens et calimeresques, la gauche -et ce n'est pas simplement Ségolène Royal qui en est responsable- n'a pas réussi à parler de l'essentiel. Et si la candidate a, ce soir, au-delà même de l'obligation de gagner, une mission essentielle, c'est celle-ci: revenir à l'essentiel. Cet essentiel que la candidate semblait avoir saisi, avant cette campagne, et qui s'est égaré. Le peuple, l'économie, le tous ensemble, supides!
CE SOIR, SEGOLENE ROYAL, SOIS DE GAUCHE! Et ce tutoiement en capitales est un peu ridicule et outré, évidemment, mais à la mesure de ce qu'elle porte.
Sois de gauche! Soyez de gauche, madame! On se fout de vous, et de votre destin, et de vos revanches, et des vilenies que vous avez subies ou du mal qu'on m'a fait et du bien que j'ai fait, tout ça m'est bien égal -pardon, je m'égare. Mais vous portez ce soir une parole essentielle. Ne la gaspillez pas! -comme trop souvent, vous et les vôtres avez batifolé en sujets annexes et en plans com pour bobos aux belles consciences....
Soyez de gauche, et montrez-le. N'allez pas chercher les phrases toutes faites sur l'ultra-droitisation, ou les attaques convenues sur les clins d'oeil à l'extrême-droite, ou les légendes sur les racailles... Ne soyez pas, Madame, aussi simplette que vos supporters, ces "intellectuels" qui décrivent sans rire un adversaire déjà installé en pré-dictateur, citons lur appel dans Libé: "Nicolas Sarkozy incarne une droite durcie et radicalisée, sous le poids de l'extrême droite, de ses peurs et de ses haines. Sa campagne, ses excès et ses provocations l'ont montré, comme l'avait déjà illustré sa virulence au sein de son propre camp face à ses rivaux. Ses discours opportunistes et ses promesses fallacieuses ne sauraient faire illusion : tout lui est bon pour conquérir le pouvoir. Et tout lui sera bon pour le garder." Madame Royal, allez au-delà des contes pour enfants! Seuls ceux qui les écrivent peuvent y croire, et on ne cnahge pas un pays, et on ne gagne pas une élection, avec ces enfantillages... Et pourtant, que la france aurait besoin de la gauche!
S'affrontent ce soir deux projets pour la France. Tous deux légaux, légitimes et démocratiques. Celui de Sarkozy pensé et structuré, est classiquement de droite: libérer les énergies, dégager les contraintes des "meilleurs" ou des plus riches, ou des plus efficaces, pour que leur prospérité, ensuite, entraîne la société. C'est un pari. Quitte ou double. Si ça marche, jackpot! Mais quand une politique de droite échoue, les dégâts sont tragiques. La société, brusquée pour rien, se fracture, les individus se replient pour ne pas mourir... Et toutes les tensions, et toutes les violences s'agravent, quasi-mécaniquement.
En face, la gauche porte une autre conviction. Que la France n'est pas un appareil en panne qu'il faut secouer pour relancer, pas une télé abimée qu'un bon coup de pied ferait remarcher, mais une machinerie complexe, humaine, fragile, pleine d'espoirs et d'attentes, mais endolorie. Et que ce n'est pas l'ouverture brutale voulue par Sarkozy qu'il faut lui prescrire, tant cette médecine de choc est risquée, mais une thérapie mesurée, inventive, ouverte évidemment, mais avec doigté et sens. Ce que Madame Royal résume dans son donnant-donnant (mais marteler le slogan ne suffit pas, mon Dieu!) ou que la relance fine de Strauss-Kahn/Aubry/Jospin, en 1997, a illustré.
La gauche porte l'idée que la France, encalminée, ne peut avancer que dans un effort collectif, que l'intérêt de tous garantit l'intérêt de chacun... quand la droite pense que la prospérité des meilleurs, garantit la progression de tous... C'est un hiatus philosophique et politique. Mais tout en découle, et pas seulement le social ou les impôts... Ainsi, la sécurité. Vu de droite, la police protège les meilleurs et les beaux quartiers, puisqu'ils portent le bien commun. Vu de droite gauche (merci d'avoir rectfié soi-même, honte au lapsus), la même police, tout aussi sécuritaire, protège toute la société, puisque la paix civile, la Loi et l'Ordre, sont les garants de l'avenir commun...
Il fut un temps, avant bien des événements, où Ségolène Royal semblait avoir tout compris des fractures françaises, et allait en tirer la conclusion logique d'un blairisme français (donc plus à gauche que Blair) -valeur, ordre, esprit d'entreprise, mais protection collective, et pacte national... Ensuite, il ya eu une campagne, et bien des choses et des bêtises aussi, mais pas seulement... Ces jours derniers -tactique, opportunité, qu'importe- la candidate, entre Bayrou et Strauss-Kahn, s'est à nouveau approchée de sa vérité première. Qu'elle la garde, ce soir, qu'elle la conforte, et qu'elle l'épure de cette gangue de démagogie moralo-gaucho qu'inspire Sarkozy à la gauche, tant on s'en moque! Qu'elle joue son jeu, le nôtre, simplement... Pour ce soir, ou pour dimanche. Ou pour demain -puisque l'histoire continuera... S'il vous plait?
S'il vous plait?
La 1ère chose qu'ont dite les commentateurs et les partisants de SR après le 1er tour, c'est qu'il fallait sortir du TSS pour pouvoir gagner, et gagner sur le PROGRAMME.
Dix jours d'entre-deux tours plus tard, rien de nouveau sous le soleil. Et on a même une baisse des intentions de vote de l'extrême gauche pour Ségo après la table ronde avec le chevalier FB.
Alors, en plus de se complaire dans sa bonne conscience, la gauche refuse toujours la bataille des idées et le débat.
Et, paradoxalement, SR sera encore capable de refuser le débat ce soir. Ceci soit en nous noyant avec des réponses de six minutes, soit en se limitant à des critiques personnelles envers son adversaire.
Ah! DSK, même si tu es 1er ministre, tu vas me manquer pendant cinq ans...
Rédigé par: Dédé La Mine | 02 mai 2007 à 11:35
Pourquoi, Mr Askolovitch, faites vous semblant d'être de gauche ?
Votre blog ne contient que des flèches contre les amis de Mme Royal.
Rejoignez nous donc, nous autres, partisans de Mr Sarkozy ! Cela vous démange, n'est ce pas ? Nous avons besoin de personnalités de gauche comme vous, hommes de convictions solides, prêts à sacrifier leur image à une action efficace au service de la France où "Ensemble, tout deviendra possible !"
Je suis certain, que tôt ou tard, vous nous rallierez. Cela se sent.
Mr Claude Askolovitch, nous avons besoin de vous, de votre vision, de votre expérience sur cette gauche qui a perdu tous ses repères.
Construisons ensemble la France de demain car vous avez mille fois raison : Nicolas Sarkozy n'est pas ce monstre froid qu'on nous décrit !
Merci Claude pour tous vos merveilleux posts si objectifs !
Un admirateur issu de la droite républicaine modérée.
Rédigé par: Franck G | 02 mai 2007 à 11:39
@Franck G
VADE RETRO, PROVOCATEUR, TENTATEUR, FLATTEUR, VADE RETRO!!!!
;-)
il veut me faire virer ou quoi? ou bien, c'est un piège des agents secrets de l'ordre juste. Méfiance, méfiance et circonspection.
Rédigé par: claude askolovitch | 02 mai 2007 à 11:54
"Je suis certain, que tôt ou tard, vous nous rallierez."
On dirait le jedi sith qui veut attirer le jeune padawan vers le côté obscur de la force... "Plus facile, plus rapide, plus séduisant est le côté obscur... La colère, la peur, l'agression forment le côté obscur de la Force "
Asko demande à Ségolène d'être davantage de gauche, et le sarkozyste y voit une amorce de bascule vers l'UMP... c'est comique...
bon, sinon, honnêtement, même si Royal nous sort le grand jeu (à gauche toute, et tutti quanti), je crois pas que ça le fera... malheureusement, les intentions de vote semblent bien fermes...
Le seul espoir, c'est un dérapage de sarko énormissime - mais c'est quand même peu probable...
On va s'en prendre pour 5 ans ferme...
Rédigé par: arnaus | 02 mai 2007 à 12:34
A pas peur le Claude, il a raison le Franck.
La haine est la pire des choses pour l'homme et le PS est devenu un parti tellement haineux qu'il se déculpabilise en clamant "aimez vous les uns les autres"...
S.Royal n'est pas de gauche, celle dont vous parlez, celle que vous portez si bien.
Rédigé par: pascale | 02 mai 2007 à 12:40
@pascale
Ah, parce que, maintenant, Asko parle et porte les valeurs de gauche ? Après avoir demandé à Ségo de se rallier à Bayrou et au centre parce que, selon lui, c'était le seul moyen pour elle de gagner, le voilà qui lui demande d'être à gauche ce soir parce que, selon lui, c'est le seul moyen pour elle de gagner. Je cherche un peu de cohérence dans ce discours. En vain.
La haine est effectivement la pire des choses pour l'homme mais c'est Sarko qui l'utilise, qui l'exploite, qui cherche à diviser pour mieux régner: le Français conte l'immigré, la victime contre le coupable, les 68tards contre ceux qui ne le sont pas ou plus, les fraudeurs contre les honnêtes gens, les assistés sociaux contre les travailleurs, les syndicalistes contre ceux qui prennent les transports en commun, etc., etc.
La seule haine de Ségo n'est pas dirigée contre l'homme mais bien contre ses idées et ce qu'elles peuvent entraîner comme conséquences pour le pays. "Aimez vous les uns les autres" était effectivement un peu fort mais ne vient que compenser le "Haïssez vous les uns les autres" qui est la substance du programme social sarkosien.
Rédigé par: Franade | 02 mai 2007 à 13:50
Bonjour!
La forme plus que le contenu, les mots plus que les actes, l'apparence plus que le fond. C'est juste le reflet du monde d'aujourd'hui, c'est juste le reflet de cette campagne...
J'ai suivi cette campagne depuis le début (ma première), et j'ai cette impression : Ségolène ROYAL n'est jamais aussi gauchiste que lorsqu'elle est seule, face à des journalistes, que lorsqu'elle est seule pour parler de ses idées, je parle notamment pour ses apparitions dans A VOUS DE JUGER (France 2), que ce soit l'émission avant le 1er tour, et celle de l'entre deux tours.
Je ne l'ai jamais trouvée plus claire, ni plus à gauche que lors de ces deux interventions. Et c'est par ailleurs là qu'elle m'est apparue la plus à l'aise, la plus cohérente, la plus juste et la plus à même à représenter "la gauche", justement.
Ai-je un "tantinet" juste ? (j'aimerais... :S)
JESS
Rédigé par: JESS | 02 mai 2007 à 13:57
@franade
le mot, c'est social-démocratie! avec dsk, bayrou ou toute seule, mais ça passera mieux avec les susnommés (au moins strauss). A mon a vis, ce sera plus performant que la récitation des mantras du sarko-la-haine, même si ces mantras vous apisent, vous, personnellement!
Rédigé par: claude askolovitch | 02 mai 2007 à 13:57
Claude, vous dites :
"VADE RETRO, PROVOCATEUR, TENTATEUR, FLATTEUR, VADE RETRO!!!!
;-)"
Si il y a tentation, c'est que l'offre est alléchante, n'est ce pas ?
Ah ! Ces incantations me rappellent ces jeunes femmes, envahies par le désir sexuel, qui dans un ultime instant de pudeur avant l'abandon, repoussent sans conviction et pour la forme l'amant qu'elles convoitent depuis longtemps.
Je vous sens prêt, Claude, laissez vous donc faire, vous ne regretterez pas... Nicolas est un expert de douceur et de compréhension... Vous verrez, il sait y faire.
l'admirateur issu de la droite républicaine modérée et non l'agent du KGR...
Rédigé par: Franck G. | 02 mai 2007 à 13:58
Franade, la substance du programme social de Sarkozy n'est ni dans l'amour ou la haine. Il passe par le pragmatisme économique pour ne pas abandonner la justice sociale. La rigueur n'est pas l'ennemie de l'équité.Elle la consolide.
Rédigé par: pascale | 02 mai 2007 à 14:28
Mais Asko z'êtes encore là - z'êtes pas encore parti avec séguela faire des UV à droite
mais comment vous faire comprendre - on ne veut pas de vous à gauche c'est pourtant simple - en plus vos admirateurs de la droite republicaine modérée vous trouvent à point
allez y Asko foncez
Rédigé par: thierryb | 02 mai 2007 à 14:30
Z'etes bien (Claude et les autres) en forme aujourd'hui. L'attente d'un Ségo-Sarko (ou Milan - Manchester) qui s'approche aussi vite que n'arrivent les nuages sur mon beau département... ?
Sinon bien heureux de voir que je ne suis pas le seul "admirateur" (mot un peu fort, voire excessif, mais Franck l'a fait avant moi) de "droite" d'un journaliste supposé "de gauche". Mais ces étiquettes que certains adorent coller, décoller, arracher avec de remettre, sont elles bien importantes ?
Il n'y a qu'une seule étiquette que je veux bien coller au dos de Claude : celui de supporter parisien :) Sinon le reste, soupir... Avant d'être 'sarkozyste', 'royaliste', 'de droite', 'coco', 'facho' ou 'socdem', on est avant tout soit. Et c'est bien comme ça.
Sur le fond de l'article sinon, une phrase qu'avait dit Claude lundi soir à ORLM et qui résume à merveille ce que je pense un peu de la campagne :
"Tous se caricaturent eux même. Royal en exhibant un concert type "SOS Racisme" avec pleins de jeunes artistes bien "branchés" et bien "bobos", le retour des "potes". Et de l'autre, Sarkozy qui nous la joue "show à l'américaine", avec les vedettes du showbusiness et de TF1". Caricatural jusque dans les idées, où Royal revient sur certaines traces de Mitterand, et où Sarko ne peut s'empecher de revenir 40 ans en arrière (j'étais pas né camarade, qu'est ce que je me fous de Mai 68'...)
Et perso, j'aurais trés envie de dénoncer la responsabilité éffarante que prends Royal en prédisant "un risque pour la paix civile" si Sarkozy est élu. Fatigué devant l'intolérance affichée d'une certaine gauche qui ne recule devant rien, justement, pour elle même atiser des haines soit disant allumée par le camps d'en face. On pourrait en parler des heures et se lancer à la figure des "c'est pas nous c'est l'autre". Mais cette intolérance et cette irresponsabilité de prédire, voire même légitimer par avance, des mouvements d'une foule mécontente d'un résultat sorti démocratiquement des urnes, c'est complétement fou. Et personnellement, plus ça va, et plus je me demande vraiment lequel des deux finalistes
est le plus "dangereux".
Bonne journée à tous, et bon match (n'importe lequel) ce soir.
Rédigé par: falconhill | 02 mai 2007 à 14:35
@falconhill
la gauche, hélas, a besoin d'une apocalypse -c'est la gauche chateaubriand, levez-vous orages désirés- pour justifier ses prophéties et faire oublier ses vides. mais elle n'est pas que ça, et jospin a bien mieux gouverné que Raffarin/Villepin! ce qui est désespérant, c'est que SR et les siens n'arrivent pas à s'empêcher de dire des bétises irresponsables, quand elle aurait tant à proposer...
Rédigé par: claude askolovitch | 02 mai 2007 à 14:41
Pourquoi tant de mépris pour le monde artistique, systématiquement réduit aux bobos bien-pensants, Claude Askolovitch?
Je n'ai pas une folle sympathie pour les paillettes des années Lang. Mais la gauche n'a dans l'ensemble pas à rougir dela cure de modernité qu'elle a insufflée à la culture, française, et de son combat contre l'abrutissment généralisé.
La gauche technocrate, au langage purement gestionnaire, nous l'avons vue en 2002 avec Jospin...
Rédigé par: Valdo Lydeker | 02 mai 2007 à 14:45
@Claude : "et jospin a bien mieux gouverné que Raffarin/Villepin!"
--> et le pire, c'est que tout électeur plutot à droite que je suis a tendance à répondre un "ben oui" en dodelinant la tête, et en reconnaissant que Jospin a été un bon, un trés bon même, premier ministre de la France. Récompense ? Une gauche éparpillée, une extreme gauche parasite, et un deuxieme tour en rève...
C'est d'ailleurs un peu le reproche, modeste mais sincere, que je fais à mes amis socialistes. 5 ans de purgatoire, alors que le bilan Jospin était relativement présentable. Des femmes et des hommes de talents : Fabius, Hollande, DSK aussi. Et au résultat, une campagne par coté totalement irresponsable.
C'est un peu ça qui est dommage et frustrant. Quelque soit notre "étiquette" si facilement collée par des esprits facétieux, quand on aime la politique, on peut être en droit d'entendre autre chose que des conneries du genre "si Sarkozy est élu, guerre civile parce que Sarkozy = Fasciste, aux armes citoyens contre la bête". On peut être en droit de demander mieux, parce qu'on sait qu'ils sont vraiment capable de mieux.
Mais qui sait. Peut être verra t'on ce soir une belle finale, plus proche d'un Manchester Milan que d'un pietre Bordeaux Lyon.
Bonne fin de journée à tous (sympa aujourd'hui l'ambiance ^^)
Rédigé par: falconhill | 02 mai 2007 à 15:13
Ce qui frappe également, dans le TSS ininterrompu, c'est l'absence de vision à terme (de la campagne) de ceux qui le portent:
S'il est élu, la gauche devra reconnaître sa défaite et tout de suite apaiser les "indignations" qui pourraient naître dans la rue dès le soir même. Bah oui, respecter la démocratie, c'est respecter le choix du peuple. Pas facile quand on légitime à l'avance des slogans (voire des actes) qui n'ont rien à voir avec la démocratie et son respect.
Si elle est élue, que proposer à des gens dont beaucoup ont voté par rejet de l'autre (tiens, c'est marrant la langue française, à une majuscule près)? Et comment leur dire qu'il faudra s'occupper de l'immigration, et des retraites, et d'autres questions difficiles auxquelles le TSS ne pourra plus répondre, après le 6 mai.
Bref, l'oeil rivé sur le résultat, on en oublie que le plus important, c'est après.
Rédigé par: Dédé La Mine | 02 mai 2007 à 15:53
@Asko
Oui, le mot est bien "social-démocratie" mais la question qui a pourri la campagne du premier tour à gauche est: "La social-démocratie séduira-t-elle la gauche française ?"
Séduira-t-elle les Buffet, Bové, Voynet, voire Besancenot ? Eh ben, j'en sais rien. Parce que la social-démocratie est une vision nouvelle pour la France. Et qu'il nous faudra attendre cinq ans pour refaire ce match qui se jouera (si tant est qu'il se joue) aussi contre une vision classique de la gauche française. Et commenter son résultat.
Ce soir, Ségo doit être social-démocrate, s'assumer en tant que telle. Ségo doit rassurer la gauche française. Mais elle ne doit déjà plus être de gauche.
@pascale
Pouvez-vous me dire ce qu'il reste de la justice, que dis-je ?, de la Justice si la société se pose uniquement en faveur de la victime ? Quel besoin d'un procès si les individus arrêtés par la police sont déjà considérés comme des coupables ?
Que reste-t-il de l'intégration si on demande à des immigrés de parler, de penser français AVANT même d'avoir mis un pied sur le territoire ? Que reste-t-il du droit de grève si l'Etat impose un service minimum ? Et pourquoi uniquement stigmatiser le transport ? Les enseignants devront-ils aussi faire grève avec un service minimum ? Un heure de cours par jour de grève ? Deux ?
Populisme que tout cela, flatteries des bas instincts haineux et individualistes dont le but ne sera JAMAIS une politique sociale cohérente.
Rédigé par: Franade | 02 mai 2007 à 17:16
@ Franade,
la voie social-démocrate est la seule qui puisse séduire aujourd'hui la gauche française, ce que certain dirigeant socialiste prône comme un "réformisme radical". Pourquoi? parce que cette gauche française est confite dans son archaïsme et qu'elle voit qu'elle n'instille plus ce souffle d'espoir qui la menait autrefois à 20% des sondages, mais surtout à ne pas être obligée de recruter chez les retraités de la MGEN!
Quoi qu'il en soit, cette gauche doit actualiser son identité et s'offrir un petit lifting logiciel. le but n'étant pas de phagocyter lesdits partenaires, je ne vois pas au nom de quelle pudeur on se priverait de la soc' dém'! Et ils soutiennent Mme Royal malgré quelques errements vers la droite , pas forcément la plus réformatrice!
Enfin, il me semble, puisqu'on en est aux errements, que la ligne soc' dém' offrirait une assise politique à Mme Royal , une identité qu'on n'arrive pas à définir jusqu'ici, ce qui insécurise nombre d'électeurs!
Rédigé par: Mathilde P. | 02 mai 2007 à 17:47
"Que reste-t-il du droit de grève si l'Etat impose un service minimum ?" --> Bonne question. La liberté des uns doit elle être annihilé pour respecter la liberté des autres, dans un sens ou dans l'autre ? Respect du droit de greve et respect du droit élémentaire de travailler et de jouissance du service public (au service du public) ?
C'est en tous cas une bonne question.
Sinon, je ne suis pas sur que les questions posées fassent vraiment du bien à Mme Royal. En effet, je passe outre la grosse caricature (besoin de procés si... j'ai entendu parler de peine plancher, pas de présomption de culpabilité). Mais :
* En quoi la justice ne serait plus justice si elle ne s'occupait pas de la victime ? (je comprends pas la question... et j'avoue, mais je ne suis pas juge, avoir plus d'affection pour une victime que pour un agresseur...) ;
* En quoi est ce choquant de demander, avant d'avoir une carte de séjour dans un pays, de parler un minimum sa langue ? (le terme "penser" français étant une nouvelle caricature) ;
* Le service minimum est il si choquant que ça ? Le droit de grève est bien beau, mais qu'en est il du droit de travailler sans entrave et du droit du public vis à vis de son service public ? (puisque le service minimum n'est valable qu'en partie pour le service public, pas pour le privé).
Populisme ? Donc il ne serait pas populiste que de permettre (attention, mode caricature on ^^) de faire des grèves illégitimes et anarchiques qui ennuient tout le monde pour le seul profit de certaines catégories, que de faire une justice uniquement en trouvant toujours des circonstances à l'agresseur et en envoyant bouler l'agressé, d'ouvrir les frontières de manière anarchique sans contre partie et sans condition ? Et donc tout ça permettrait une "politique sociale cohérente" ?
(je caricature peut être trop, ou alors j'ai pas compris...)
Des fois, je préfère un peu de populisme. Ca évite de faire n'importe quoi...
Rédigé par: Falconhill | 02 mai 2007 à 17:58
@Falconhill
Les premiers défenseurs du service public sont les fonctionnaires. Le but d'une grève n'est jamais faire chier les usagers mais préserver la qualité d'un service. Lorsqu'un fonctionnaire fait grève, il se bat aussi pour l'usager. C'est donc grâce au dialogue social que fonctionnaires et usagers peuvent être satisfaits mais jamais par l'injonction d'une politique de transport amplifiée par une limitation du droit de grève. Avec cela, l'usager sera à terme aussi perdant.
Je me demande bien comment le chef de l'Etat, garant du bon fonctionnement de nos institutions et donc de l'indépendance de la Justice, peut garantir cette indépendance tout en se positionnant clairement en faveur des victimes.
Quant à l'immigration, mon "penser français" n'est en rien caricatural: Sarko a clairement dit qu'il choisirait les immigrés en fonction des valeurs françaises qu'ils se doivent de partager.
Oui, tout cela n'est que populisme.
@Mathile P.
C'est la réussite sociale de la social-démocratie qui démontrera si la gauche française est archaïque. Je ne ferai jamais ce genre de constat a priori. La social-démocratie est un pari qu'il nous faut gagner. Mais pour le gagner, encore faut-il oser le faire. J'appelle moi aussi tous ceux et celles qui se disent de gauche à l'audace.
Rédigé par: Franade | 02 mai 2007 à 19:02
"Les premiers défenseurs du service public sont les fonctionnaires. Le but d'une grève n'est jamais faire chier les usagers mais préserver la qualité d'un service." --> Vraiment ? Sur à 100 % de chez 100 % ?
Plus sérieusement et sans tomber dans l'antifonctionnarisme (en plus j'en suis depuis peu), n'est ce pas choquant qu'une personne, plus forte et plus intelligente que tout le monde, sache "ce qui est bon pour l'usager" ?
Personnellement, j'ai une opinion différente de celle qu'on entend dans certains cortège, et je pense qu'en tant qu'usager, d'autres options me seraient plus profitables. En quoi suis je moins qualifié que ceux qui ont ce pouvoir de blocage pour faire entendre "leurs" voix, qui n'est ni plus ni moins légitime que la mienne, la tienne, ou celle de ma voisine ? En quoi ?
Par contre, je suis d'accord sur le fait que le gagnant gagnant ne peut se faire que par le dialogue. Pas par l'injonction d'un politique, mais pas non plus par la violence de certains qui pensent que seul le coup de poing peut faire avancer les choses.
Sachant, pour en finir sur ce point là, que le politique n'est peut être pas le meilleurs. Mais entre le politique élu démocratiquement et donc légitime, et une organisation syndicale obscure qui n'a que la force pour faire avancer son point de vue (des exemples ? y en a), je préfere la légitimité de l'homme ou de la femme que j'ai élu démocratiquement.
Et pour en finir finir, on parle de l'usager - service public. Certes. Sauf que dans les entreprises privées, la plupart travaillant pour le compte d'entreprise publique forte productrice de jours de grèves, les situations et les conditions de travail sont difficiles et parfois innaceptables. J'ai toujours été surpris de rentrer dans certains endroits, en tant que "prestataire", et de me faire refouler car un gros bien rougeaux venait me faire la morale sur le fait qu'il se battait "pour mon bien". ALors que cela me priverait de travail, et que j'aurais préféré une certaine honneteté de sa part. Se battre pour soit, même si on "emmerde" l'autre en face, c'est pas choquant au final. Ce qui l'est plus, c'est l'indéscence devant des gens qui ont un travail précaire et difficile, mal rétribué. Et ce qui me choque, c'est cette prétention de penser que "c'est bien pour nous". Prétention qui est pas facilement avalable...
Concernant la justice, il faudrait donc que le chef de l'Etat se positionne en faveur de l'agresseur ou du délinquant ? Je pose la question, car le deuxième paragraphe me parait trop gros pour être vrai.
Enfin, concernant l'immigration, je préfère un pays qui accueille des gens qui adhèrent à ses valeurs. Ca me parait pas illogique.
Donc au final, être logique, un peu censé, et penser au bien et à l'interet général (ie de "tout le monde", quelque soit ce que l'on pense), c'est "populiste". Ben mince, il faut donc être sacrément intelligent pour savoir ce qui est bon pour l'ensemble des gens. Et enlever le droit de vote à l'ensemble de crétin que sont les français.
L'humilité, et l'ouverture d'esprit, c'est bien aussi. Et c'est pas "populiste".
Rédigé par: Falconhill | 02 mai 2007 à 20:27
Elle a été très bien,
Une vraie gauche moderne et avangardiste.
Bravo Ségo !
Rédigé par: Reuter | 03 mai 2007 à 00:46
J'ai toujours douté d'elle et de ce que signifiait, au-delà d'un slogan, "La France Présidente".
Ce soir, j'ai compris.
Elle a remporté ce débat haut la main, poignante de sincérité et en même temps montrant que son statut de présidentiable était loin d'être usurpé.
Un espoir ténu nait enfin, après cette affreuse semaine, pour ce dimanche 6 mai.
A nous de le faire fleurir...
Rédigé par: oiselle | 03 mai 2007 à 05:11
Poignante de sincérité???
je vous renvoie,pour ne rien usurper, au site du ministère de l'Education nationale http://www.education.gouv.fr/cid207/la-scolarisation-des-eleves-handicapes.html.
La loi Handiscol n'a jamais été supprimée.
De plus depuis le 11 février 2005 il existe une loi qui fait obligation :
- d'assurer à l'élève, le plus souvent possible, une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile ;
- d'associer étroitement les parents à la décision d'orientation de leur enfant et à toutes les étapes de la définition de son projet personnalisé de scolarisation (P.P.S.) ;
- de garantir la continuité d'un parcours scolaire, adapté aux compétences et aux besoins de l'élève ;
- de garantir l'égalité des chances entre les candidats handicapés et les autres candidats en donnant une base légale à l'aménagement des conditions d'examen.
Votre espoir ténu ne serait-il pas mort né??
Rédigé par: pascale | 03 mai 2007 à 08:56
@ Pascale:
Oui là dessus et sur le taux d'énergie , elle s'est plantée en pointant son "adversaire" de manière soit dédaigneuse, soit carrément insultante.
@ Franade:
Nous ne nous sommes pas bien compris (à moins que je ne me sois mal exprimée, ce qui peut arriver). Déjà, pour mettre en oeuvre la soc' dém', il faut gagner... 1er point. Nous disserterons une autre fois si vous le voulez bien de la "ringardisation" de la gauche traditionnelle aux urnes, non pas parce que son électorat habituel s'est détourné définitivement d'elle, ce que je ne crois pas, mais parce que je pense qu'il n'hésite plus à se détourner de ces partis, parce qu'il n'est plus suffisamment chevillé à ses valeurs, pour ne pas s'en détourner dans le "vote utile".
Aujourd'hui, reste à inventer, à "élaborer". C'est une notion encore un peu floue, qui fait encore passer ses tenants, comme dsk (bonjour patron!) pour d'affreux technos inabordables.
Rédigé par: Mathilde P. | 03 mai 2007 à 09:19